Les maladies hormonales modifient le corps de façon visible ou invisible. Prise de poids résistante, chute de cheveux, peau sèche, modifications de la silhouette : ces transformations ont un impact émotionnel profond que les soignants sous-estiment souvent.
La chute de cheveux liée à l'hypothyroïdie ou aux déséquilibres androgéniques (syndrome des ovaires polykystiques, ménopause) peut être très perturbante, d'autant qu'elle touche principalement les femmes et que les cheveux ont une forte valeur identitaire. Elle est généralement réversible avec l'équilibrage du traitement, mais le délai peut être long, plusieurs mois après la normalisation de la TSH.
La prise de poids de l'hypothyroïdie, du syndrome de Cushing ou du diabète sous insuline s'accompagne souvent d'une culpabilité injuste : le patient a l'impression de ne pas faire d'efforts alors que son corps résiste malgré lui. Nommer ce mécanisme, c'est hormonal et pas comportemental, aide à décharger cette culpabilité.
Le soutien psychologique fait partie du soin. Vivre avec une maladie chronique qui modifie le corps peut générer anxiété, déprime, voire un véritable épisode dépressif. Ces manifestations sont documentées comme des complications fréquentes des maladies endocriniennes, notamment l'hypothyroïdie et le diabète. Une consultation chez un psychologue peut être proposée dans le cadre du suivi spécialisé. Source : SFE, 2024.
Écrire peut aider. Tenir un journal, pas forcément de symptômes, mais de ressenti, permet de poser des mots sur ce qui se passe dans le corps et dans la tête. Mettre à distance ce qui envahit. Retrouver une forme d'agentivité face à une maladie qui, par définition, échappe au contrôle.