De plus en plus fréquente, la polyconsommation complique le tableau clinique et les soins. C'est un phénomène qui touche particulièrement les jeunes adultes.
La polyconsommation désigne l'usage simultané ou alternatif de plusieurs substances ou comportements addictifs. Elle concerne 27 % des 18-35 ans en France selon la MILDECA (rapport 2024). Les associations les plus fréquentes : alcool + cannabis, alcool + cocaïne, tabac + cannabis, benzodiazépines + alcool.
Des risques démultipliés. Combiner deux substances n'additionne pas les risques, elle les multiplie. L'alcool associé à la cocaïne produit dans le foie du cocaéthylène, une molécule plus toxique que chacun des deux produits seuls et plus cardiotoxique. L'alcool + benzodiazépines peut provoquer une dépression respiratoire mortelle. Ces interactions sont souvent méconnues des consommateurs eux-mêmes.
La polyconsommation rend aussi le sevrage plus complexe : chaque substance a son propre syndrome de manque, ses propres délais, ses propres traitements. C'est précisément pourquoi une évaluation pluridisciplinaire en CSAPA est indispensable, le médecin traitant seul peut avoir du mal à gérer l'ensemble. Si vous êtes concerné par plusieurs addictions, mentionnez-les toutes lors de la première consultation : c'est une information médicalement cruciale.