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Index glycémique : bien choisir ses glucides au quotidien

L'index glycémique (IG) classe les aliments selon leur effet sur la glycémie. Bien l'utiliser permet de stabiliser l'HbA1c et d'éviter les montées brutales après les repas. Mais le chiffre seul ne suffit pas : la charge glycémique et la structure du repas comptent autant.

Mis à jour : avril 2026·10 min de lecture·Sources : University of Sydney, HAS, FFD, ANSES·Équipe médicale Hospitalidée
≤ 55

IG bas, à privilégier

légumineuses, flocons d'avoine, pain complet

Source : Sydney GI Database

56-69

IG moyen, avec modération

riz basmati, pain de campagne

Source : Sydney GI Database

≥ 70

IG élevé, à limiter

pain blanc, pommes de terre en purée

Source : Sydney GI Database

CG = IG × g / 100

formule charge glycémique

intègre aussi la quantité

Source : Nutrition

IG en 3 minutes

L'index glycémique classe les glucides selon la vitesse à laquelle ils font monter votre glycémie. C'est un outil utile, mais pas magique.

Deuxaliments contenant la même quantité de glucides peuvent avoir un effet très différent sur la glycémie. Le pain complet et le pain blanc contiennent la même quantité de glucides, mais le pain blanc fait monter la glycémie beaucoup plus vite et plus haut.

L'IG se mesure par rapport à une référence (glucose pur = 100). Plus l'IG est élevé, plus la glycémie monte vite. Trois catégories :

  • IG bas (≤ 55) : lentilles, pois chiches, yaourt nature, pommes, pain complet aux céréales, flocons d'avoine, pâtes al dente.
  • IG moyen (56-69) : pain de campagne, ananas, riz basmati blanc, banane mûre.
  • IG élevé (≥ 70) : pain blanc, pomme de terre en purée, cornflakes, pastèque, bonbons, sodas.

IG ou charge glycémique (CG) : lequel utiliser ?

L'IG a une limite : il ne tient pas compte de la quantité consommée. La pastèque a un IG de 72 (élevé), mais elle contient peu de glucides par portion (environ 8 g pour 150 g), donc son effet réel sur la glycémie est modeste.

D'où l'intérêt de la charge glycémique, qui combine IG et quantité :

Charge glycémique (CG) = (IG × glucides en grammes) / 100

  • CG faible : ≤ 10
  • CG moyenne : 11-19
  • CG élevée : ≥ 20

Exemple concret : une portion de pastèque (150 g, 8 g de glucides, IG 72) a une CG = (72 × 8) / 100 = 5,8 → CG faible, peu d'impact. Une portion de riz blanc (150 g cuit, 40 g de glucides, IG 73) a une CG = (73 × 40) / 100 = 29 → CG élevée, fort impact.

Bon à savoir — En pratique, regarder l'IG est un bon premier filtre (évitez les aliments à IG élevé au quotidien), mais la CG est plus utile pour juger de l'impact réel d'un repas. Les applications comme MyFitnessPal, Yazio, Open Food Facts peuvent aider à calculer rapidement.

Ce qui modifie l'IG d'un aliment

L'IG d'un aliment n'est pas fixe. Plusieurs facteurs le modifient de façon significative.

  • Cuisson : plus un aliment est cuit, plus son IG monte. Les pâtes al dente ont un IG de 40-50. Bien cuites (molles), l'IG grimpe à 60-70. Même principe pour le riz, les légumes.
  • Refroidissement : refroidir puis réchauffer un féculent (pâtes, riz, pomme de terre) développe de l'amidon résistant qui abaisse l'IG de 10 à 20 points. Le riz froid en salade a un IG plus bas que le riz chaud.
  • Fibres : ralentissent l'absorption. Un pain complet a un IG plus bas que le pain blanc à grammage équivalent. Les légumes consommés avant les féculents ralentissent la montée glycémique du repas.
  • Protéines et graisses : ralentissent la vidange gastrique et l'absorption des glucides. Un plat combinant féculent + protéine + légumes + huile a un impact glycémique plus faible que le même féculent consommé seul.
  • Maturité : les fruits très mûrs (banane noire, pêche fondante) ont un IG plus élevé que les fruits moyennement mûrs.
  • Transformation : plus un aliment est transformé (raffiné, mixé, cuisiné longtemps), plus son IG monte. Une pomme entière (IG 38) a un IG plus bas qu'une compote de pomme (IG 50).
Bon à savoir — Une étude japonaise randomisée (2015) a montré que l'ordre des plats compte : légumes d'abord, puis protéines, puis glucides réduit la montée glycémique post-prandiale de 20 à 30 % par rapport à l'ordre inverse. Un changement simple, sans rien retirer du repas.

Tableau pratique des aliments courants

AlimentIGCatégorie
Lentilles cuites29Bas
Pois chiches32Bas
Yaourt nature35Bas
Pomme38Bas
Pain complet aux céréales40Bas
Pâtes complètes al dente45Bas
Flocons d'avoine55Bas
Riz basmati58Moyen
Banane mûre62Moyen
Pain de campagne65Moyen
Ananas frais66Moyen
Pain blanc (baguette)75Élevé
Riz blanc cuisson rapide78Élevé
Pommes de terre en purée85Élevé
Cornflakes90Élevé
Bière90-100Élevé

Ces valeurs sont des moyennes issues de la base de données internationale de l'Université de Sydney. Elles varient selon la variété, la cuisson, la maturité. Pour un suivi précis, la base Sydney GI est la référence publique la plus complète.

Appliquer l'IG au quotidien

L'IG n'est pas un dogme. Utilisé intelligemment, il aide à faire des choix stables. Voici quelques réflexes qui fonctionnent dans la durée.

  • Remplacer plutôt que supprimer : pain blanc → pain complet aux céréales, riz blanc → riz basmati ou complet, pâtes blanches → pâtes complètes al dente, purée → écrasé de pommes de terre avec peau.
  • Combiner : ne jamais manger un féculent seul. Associer à des légumes (fibres), des protéines (ralentissent l'absorption) et un peu de matière grasse (huile d'olive).
  • Commencer par les légumes : crudités, soupe, salade avant le plat principal. Ça réduit la montée glycémique du repas entier.
  • Privilégier les fruits entiers aux jus : une orange entière a un IG de 40, un jus d'orange industriel un IG de 65.
  • Collation intelligente : si vous avez faim entre les repas, une poignée d'amandes ou de noix (IG bas, fibres, protéines) cale mieux qu'un biscuit sucré.

Attention aux faux amis :

  • Les « jus de fruits 100 % pur jus » ont un IG élevé et n'ont plus de fibres. Un fruit entier est toujours préférable.
  • Les céréales du petit-déjeuner, même « complètes », sont souvent sucrées et ont un IG élevé. Vérifier les étiquettes.
  • Les « produits diététiques » peuvent contenir des sucres masqués (maltitol, sorbitol, sirop de glucose-fructose). Les glucides sont comptés même si le nom est trompeur.
  • Le miel, le sirop d'agave et la stévia ont des profils très différents. Le sirop d'agave a un IG bas mais une forte teneur en fructose, avec des effets métaboliques discutés.

Les limites de l'IG et les évolutions récentes

L'IG est un outil utile mais il a plusieurs limites :

  • Il ne tient compte que des glucides, pas des protéines, graisses, fibres.
  • Il varie selon la réponse individuelle : deux personnes peuvent avoir des glycémies très différentes après le même aliment (études Weizmann 2015).
  • Il est mesuré sur l'aliment seul, pas sur un repas combiné (qui est la réalité quotidienne).
  • Il ne reflète pas l'impact métabolique global : un aliment à IG bas peut être très calorique ou riche en graisses saturées.

La recherche récente sur la glycémie personnalisée (études Weizmann, Zoe Study) a montré que la réponse glycémique à un aliment varie fortement d'une personne à l'autre, selon le microbiote, la génétique, le moment de la journée. Un capteur CGM permet de découvrir vos propres réponses individuelles, ce qui est plus informatif qu'un tableau théorique.

Bon à savoir — Pour les patients avec CGM (FreeStyle Libre, Dexcom), tester un même aliment plusieurs fois à différents moments permet d'identifier ses propres patterns. Certains diabétiques découvrent qu'ils tolèrent très bien le riz basmati mais pas les pâtes complètes — ou l'inverse. C'est une approche personnalisée plus puissante que les tableaux généraux.

L'IG au service d'une alimentation durable

L'index glycémique est un bon outil pour mieux choisir ses glucides. Mais c'est un moyen, pas une fin.

L'objectif n'est pas de classer obsessionnellement chaque aliment, mais d'adopter quelques réflexes simples qui s'installent dans la durée :

  • Privilégier les aliments à IG bas ou moyen au quotidien.
  • Combiner systématiquement : légumes + protéines + féculents complets + matière grasse de qualité.
  • Garder le plaisir : un aliment à IG élevé de temps en temps dans un repas équilibré n'est pas un drame. La rigidité alimentaire ne tient pas sur 10 ans.

Pour personnaliser encore plus, rien ne remplace une consultation avec un diététicien spécialisé (partiellement remboursée via l'ALD 30) ou un essai ponctuel de capteur CGM pour identifier vos propres réponses aux aliments courants.

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