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Guide Orthopédie

Arthrose, tendinopathies, entorses : comprendre sa pathologie

Ce que sont ces affections, comment elles évoluent, ce qu'on peut en attendre

Chaque pathologie orthopédique a sa propre logique, ses propres facteurs de risque, ses propres traitements. Mettre un nom précis sur ce qu'on ressent, comprendre pourquoi certains jours sont pires que d'autres : c'est le début d'une reprise de contrôle.

📅 Mis à jour : avril 2026 ✍️ Équipe Hospitalidée 📚 Inserm · HAS · SFR
« L'arthrose est caractérisée par une destruction du cartilage et une inflammation de la membrane synoviale.
Elle peut engendrer un handicap majeur avec perte de mobilité. » Inserm, dossier arthrose, 2023

Quand la douleur s'installe durablement, on cherche souvent à comprendre pourquoi. Pourquoi certains jours sont supportables et d'autres non. Pourquoi la douleur revient après un effort qu'on pensait maîtriser. Connaître les mécanismes précis de sa pathologie ne guérit pas, mais cela change quelque chose : on cesse de subir pour commencer à agir.

Cette page passe en revue les pathologies orthopédiques les plus fréquentes en consultation non chirurgicale, avec les données actuelles. Elle ne remplace pas l'avis de votre médecin, qui seul peut évaluer votre situation personnelle.

L'arthrose : la maladie articulaire la plus fréquente

L'arthrose est une dégradation progressive du cartilage articulaire. Elle touche l'ensemble de l'articulation, y compris l'os sous-chondral et la membrane synoviale. Elle n'est pas une fatalité du vieillissement, mais son risque augmente avec l'âge.

10 M
Français touchés par l'arthrose, avec une prévalence croissante après 50 ans
Source : Inserm, 2023
23 %
Des Français de 40 à 75 ans sont atteints d'arthrose du genou (gonarthrose)
Source : SFR, RecoMédicales, 2023
60 %
Des personnes atteintes d'arthrose sont des femmes, notamment après la ménopause
Source : OMS, 2023
3,5 Md€
Coût annuel estimé de la gonarthrose en France (soins, arrêts de travail, appareillage)
Source : étude COART France, ScienceDirect, 2023

Les localisations les plus fréquentes

Gonarthrose (genou)

La plus fréquente des arthroses invalidantes. Elle touche surtout le compartiment fémoro-tibial interne. L'obésité en est le principal facteur de risque modifiable. Traitement conservateur en première intention : activité physique, perte de poids, kinésithérapie, genouillère, infiltrations. Source : SFR, 2023.

Coxarthrose (hanche)

L'arthrose de la hanche se manifeste par une douleur inguinale ou fessière, une raideur matinale et une limitation de la rotation interne. La kinésithérapie et l'adaptation de l'activité sont recommandées en première intention. Source : HAS, 2022.

Arthrose des mains

La rhizarthrose (base du pouce) touche 15 % des femmes après 50 ans. L'orthèse de pouce et la kinésithérapie de la main sont les traitements de référence. Source : SFR, 2022.

Arthrose du rachis

L'arthrose facettaire est responsable de douleurs lombaires et cervicales d'horaire mécanique. Elle se distingue des douleurs inflammatoires par leur aggravation à l'effort et leur soulagement au repos. Kinésithérapie et activité physique régulière restent les piliers du traitement. Source : HAS, 2022.

Le saviez-vous ?

Contrairement à une idée reçue, l'activité physique modérée et régulière est bénéfique pour le cartilage articulaire, pas dommageable. C'est la nutrition mécanique du cartilage (compression-décompression lors du mouvement) qui lui apporte les nutriments dont il a besoin. Ce n'est pas le mouvement qui use le cartilage : c'est l'immobilité qui l'affaiblit.

Source : HAS, recommandations activité physique et arthrose, 2022
💬

Votre expérience peut aider

Des milliers de personnes touchées par l'arthrose ou d'autres pathologies orthopédiques partagent leur vécu sur Hospitalidée. Lire leurs témoignages peut vous aider à mieux comprendre ce que vous vivez. Et si vous traversez ou avez traversé cette expérience, votre avis peut faire une vraie différence pour ceux qui arrivent après vous.

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Les tendinopathies : quand le tendon souffre

Une tendinopathie est une pathologie du tendon liée à une surcharge mécanique répétée, à un traumatisme ou à une dégénérescence tissulaire. Elle ne correspond pas toujours à une inflammation : souvent, il s'agit d'une dégénérescence structurale (tendinose), ce qui change l'approche thérapeutique.

Épaule
Tendinopathie de la coiffe des rotateurs
La coiffe des rotateurs regroupe quatre tendons qui stabilisent la tête humérale. La tendinopathie du sus-épineux est la plus fréquente, notamment après 40 ans. Elle se manifeste par une douleur à la face externe de l'épaule, aggravée par les mouvements bras levés. Le traitement conservateur (kinésithérapie, infiltrations) est efficace dans 60 à 70 % des cas. Source : HAS, 2022.
Coude
Épicondylite (tennis-elbow)
L'épicondylite latérale touche aussi bien les joueurs de tennis que les professionnels effectuant des gestes répétitifs (informatique, artisanat). Le traitement conservateur associe arrêt du geste responsable, kinésithérapie excentrique et orthèse de décharge. Source : HAS, 2023.
Genou
Tendinopathie rotulienne
La tendinopathie rotulienne touche surtout les sportifs pratiquant des activités avec sauts ou accélérations. Le renforcement excentrique du quadriceps et la correction des facteurs biomécaniques constituent le traitement principal. Source : Ameli.fr, 2023.
Pied et cheville
Tendinopathie achilléenne et fasciite plantaire
La tendinopathie du tendon d'Achille est très fréquente chez les coureurs. La fasciite plantaire est responsable de la douleur classique sous le talon au premier pas le matin. Kinésithérapie excentrique, semelles orthopédiques et adaptation de l'activité constituent le traitement de référence. Source : Société Française de Médecine du Sport, 2022.
Ne pas confondre tendinopathie et rupture tendineuse. Une douleur soudaine et intense avec sensation de « claquement » et impossibilité de contracter le muscle peut indiquer une rupture tendineuse. Ce signe nécessite une consultation médicale urgente pour bilan d'imagerie.

Les entorses et lésions ligamentaires

Une entorse est une lésion des ligaments d'une articulation consécutive à un mouvement forcé. Selon la gravité, le ligament est étiré (grade I), partiellement rompu (grade II) ou totalement rompu (grade III).

Grade Lésion Signes cliniques Traitement principal
Grade I Élongation sans rupture Douleur modérée, gonflement léger, appui possible Repos relatif, glaçage, compression, élévation, reprise progressive
Grade II Rupture partielle Douleur vive, ecchymose, gonflement, appui douloureux Attelle 3 à 4 semaines, kinésithérapie, travail proprioceptif
Grade III Rupture totale Douleur intense, gonflement majeur, instabilité, appui impossible Immobilisation 4 à 6 semaines, kinésithérapie prolongée, rééducation proprioceptive
Le saviez-vous ?

L'étape de rééducation proprioceptive (exercices d'équilibre sur plateau instable) après une entorse est souvent négligée, alors qu'elle est décisive. Sans elle, les récepteurs sensitifs du ligament lésé ne sont pas rééduqués, et le risque de récidive à 2 ans reste élevé. Les patients qui s'arrêtent à la kinésithérapie sans compléter la proprioception sont deux à trois fois plus susceptibles de se « retordre » la cheville.

Source : Société Française de Médecine du Sport, 2022

Les pathologies rachidiennes

Les douleurs du dos constituent le premier motif de consultation en médecine générale. Lombalgie, cervicalgie, hernie discale : ces pathologies bénéficient dans leur grande majorité d'un traitement conservateur.

Lombalgie commune

La lombalgie commune touche 80 % des Français au cours de leur vie. Le traitement repose sur le maintien de l'activité physique (le repos prolongé est déconseillé), la kinésithérapie et les antalgiques. La lombalgie aiguë guérit spontanément dans 90 % des cas en moins de 6 semaines. Source : HAS, 2021.

Hernie discale

Une hernie discale se produit lorsque le noyau d'un disque intervertébral comprime une racine nerveuse, provoquant une irradiation dans le membre (sciatique, névralgie cervico-brachiale). Dans 70 à 80 % des cas, elle se traite de façon conservatrice en quelques semaines à mois. Source : HAS, 2021.

Cervicalgie et torticolis

Les douleurs cervicales touchent 1 Français sur 3 chaque année. Le torticolis aigu régresse généralement en quelques jours avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et de la kinésithérapie. Les cervicalgies chroniques nécessitent une rééducation plus prolongée et une correction des postures au travail. Source : Santé publique France, 2024.

Scoliose

La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale dans les trois plans de l'espace. Elle touche 85 % de filles et apparaît principalement à l'adolescence. Le traitement est orthopédique dans la grande majorité des cas : kinésithérapie spécifique, corset de maintien. Source : HAS, 2022.

Signes d'alerte nécessitant une consultation urgente. Douleur du dos avec fièvre, perte de poids inexpliquée, douleur nocturne intense ne cédant pas au repos, troubles sphinctériens ou paralysie d'un membre sont des signes qui nécessitent une consultation médicale en urgence.

Le syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien (SCC) est la compression du nerf médian au niveau du poignet, à l'intérieur d'un tunnel ostéo-fibreux. C'est le syndrome canalaire le plus fréquent.

Le SCC se manifeste par des fourmillements, des engourdissements et des douleurs dans les trois premiers doigts et la moitié du quatrième, typiquement nocturnes ou au réveil. Il touche plus fréquemment les femmes (3 pour 1 homme) et survient souvent dans un contexte de travaux répétitifs, de grossesse ou de maladie générale (hypothyroïdie, diabète). Source : Santé publique France, 2024.

Traitement conservateur de référence. En première intention, l'attelle nocturne de poignet en position neutre soulage les symptômes nocturnes dans 70 % des cas. Une ou deux infiltrations de corticoïdes peuvent être associées si l'attelle ne suffit pas. La chirurgie (décompression du canal carpien) n'est envisagée qu'en cas d'échec du traitement conservateur ou d'atteinte neurologique sévère. Source : HAS, 2023.

Si vous exercez un métier exposé (travaux répétitifs, vibrations), le SCC peut être reconnu comme maladie professionnelle (tableau n°57 du régime général). Cette reconnaissance ouvre droit à une prise en charge intégrale. Parlez-en à votre médecin du travail.

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Questions fréquentes

La destruction du cartilage liée à l'arthrose est en grande partie irréversible avec les traitements actuels. Cependant, l'arthrose évolue par poussées, et des phases de stabilisation voire d'amélioration fonctionnelle sont tout à fait possibles avec un traitement bien conduit.

La perte de poids, la pratique régulière d'une activité physique adaptée et la kinésithérapie permettent de ralentir la progression, de réduire la douleur et d'améliorer considérablement la qualité de vie. L'objectif du traitement conservateur n'est pas de guérir l'arthrose, mais de vivre avec elle dans les meilleures conditions possibles. Source : Inserm, 2023.

Une douleur mécanique (arthrose, tendinopathie) s'aggrave à l'effort et se calme au repos. La raideur matinale est courte (moins de 30 minutes). Une douleur inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite) est au contraire plus intense en fin de nuit et au réveil, avec une raideur matinale prolongée (plus d'une heure).

Si vous reconnaissez le profil inflammatoire, parlez-en à votre médecin : l'origine inflammatoire nécessite une prise en charge rhumatologique spécifique. Source : Société Française de Rhumatologie, 2022.

La glucosamine et la chondroïtine sont classés comme anti-arthrosiques d'action lente. Leur efficacité sur la douleur est modeste et variable selon les patients. Ils ne modifient pas la progression structurale de l'arthrose et n'ont pas d'effet chondroprotecteur prouvé à ce jour.

La Société Française de Rhumatologie considère qu'ils peuvent être proposés, mais avec une faible recommandation. Ils ne sont pas remboursés par l'Assurance Maladie. Parlez-en à votre médecin avant de les prendre. Source : SFR, 2023.

La reprise du travail après une entorse dépend du grade de la lésion et de l'activité professionnelle. Pour une entorse légère (grade I), la reprise est souvent possible rapidement avec une attelle de protection. Pour une entorse modérée à grave (grades II-III), un arrêt de travail peut être nécessaire, surtout pour les métiers debout.

Si l'entorse est survenue dans le cadre du travail ou d'un trajet domicile-travail, elle peut être déclarée en accident du travail ou de trajet : la prise en charge est alors à 100 % sans avance de frais. Source : Ameli.fr, 2024.

Sources et références

  • Inserm : Dossier thématique arthrose, mécanismes et traitements, 2023. inserm.fr
  • HAS : Recommandations de bonnes pratiques, pathologies rachidiennes et orthopédiques, 2021-2023. has-sante.fr
  • Société Française de Rhumatologie (SFR) : RecoMédicales, épidémiologie et recommandations gonarthrose, 2022-2023. larhumatologie.fr
  • Ameli.fr : Fiches maladies professionnelles, entorses, SCC, 2024. ameli.fr
  • Santé publique France : Enquête nationale troubles musculo-squelettiques et cervicalgies, 2024. santepubliquefrance.fr
  • Société Française de Médecine du Sport : Recommandations tendinopathies et entorses, 2022. sfms.asso.fr

Sélection éditoriale Hospitalidée : toutes les sources citées dans ce guide sont accessibles librement en ligne.

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