Se préparer à son examen d'imagerie
Jeûne, médicaments, claustrophobie : tout ce qu'il faut savoir avant d'entrer en salle
Une bonne préparation conditionne la qualité des images obtenues et le
confort de l'examen.
Ce guide pratique détaille les consignes
spécifiques à chaque technique, pour éviter les contretemps et aborder
le rendez-vous sereinement.
« Un examen d'imagerie bien préparé est un examen dont les images seront interprétables. La qualité du diagnostic commence avant la salle d'examen. » — Société Française de Radiologie, guide du patient, 2023
Ce que peu de patients savent, c'est que leur préparation influence directement la qualité des images que le radiologue va interpréter. Un jeûne non respecté, un médicament non signalé, un objet métallique oublié : chaque détail compte. Pas pour compliquer la vie du patient, mais parce que ces précautions sont là pour que l'examen soit réellement utile.
Cette page rassemble les consignes essentielles par technique, et des conseils concrets pour mieux vivre l'examen si vous l'appréhendez.
Ce qu'il faut toujours apporter
Quel que soit l'examen prescrit, certains documents sont indispensables à chaque rendez-vous d'imagerie.
Documents administratifs
Ordonnance médicale en cours de validité, carte Vitale, attestation de mutuelle. En cas d'affection de longue durée (ALD), le formulaire de prise en charge à 100 % si votre organisme vous le demande.
Anciens examens d'imagerie
Tous les examens antérieurs concernant la même région anatomique, sur support numérique (CD, clé USB) ou papier. La comparaison avec les images précédentes peut modifier radicalement l'interprétation radiologique.
Liste des médicaments
Apportez votre liste de traitements en cours, y compris les médicaments pris occasionnellement. Certains traitements nécessitent un arrêt temporaire avant examen. Une ordonnance récente ou un carnet de suivi fait l'affaire.
Informations médicales clés
Antécédents d'allergie aux produits de contraste, insuffisance rénale connue, grossesse ou allaitement, diabète traité par metformine, troubles de la coagulation. Ces informations sont systématiquement demandées au questionnaire de sécurité.
Consignes spécifiques par technique
Les contraintes de préparation varient fortement selon l'examen. Voici les consignes essentielles pour chaque technique, à compléter par celles données lors de la prise de rendez-vous.
La radiographie standard ne nécessite généralement aucune préparation particulière. Vous pouvez manger, boire et prendre vos médicaments normalement. Portez des vêtements faciles à retirer pour la zone à radiographier. Retirez les bijoux, montres et tout objet métallique dans le champ d'examen. Si vous êtes enceinte, signalez-le impérativement avant l'examen.
Echographie abdominale haute (foie, vésicule, pancréas, rate, reins) : être à jeun depuis au moins 4 à 6 heures. Les gaz digestifs présents après un repas gênent la visualisation des organes. L'eau plate en petite quantité est généralement autorisée.
Echographie pelvienne par voie externe : avoir la vessie pleine. Boire environ 1 litre d'eau dans l'heure précédant l'examen et ne pas uriner. Une vessie bien remplie sert de fenêtre acoustique pour visualiser l'utérus et les ovaires.
Echographie pelvienne par voie endovaginale : avoir la vessie vide. Cet examen peut être proposé en complément de la voie externe pour une meilleure visualisation des organes pelviens.
Jeûne : être à jeun depuis au moins 4 heures avant l'examen. L'eau plate est autorisée jusqu'à 2 heures avant. Ce jeûne est lié à la possibilité de nausées provoquées par l'injection de produit de contraste iodé.
Metformine : si vous êtes diabétique et traitez par metformine (Glucophage, Stagid ou génériques), votre médecin vous indiquera si ce traitement doit être suspendu 48 heures avant l'examen et pendant 48 heures après. Source : HAS, 2022.
Créatinine : un bilan rénal récent peut être demandé pour évaluer la fonction rénale avant injection. Si vous avez une insuffisance rénale connue, signalez-le impérativement lors de la prise de rendez-vous.
Jeûne : variable selon la région explorée. Pour une IRM cérébrale ou des membres, aucun jeûne n'est requis. Pour une IRM abdominale, un jeûne de 4 à 6 heures peut être demandé. Suivre les consignes communiquées lors de la prise de rendez-vous.
Objets métalliques : retirez impérativement tous les objets métalliques avant d'entrer en salle d'IRM : bijoux, montres, piercings, épingles à cheveux, lunettes. Les vêtements avec fermetures éclairs ou boutons métalliques devront être retirés.
Durée et bruit : l'IRM est l'examen le plus long (30 à 60 minutes) et le plus bruyant. Des bouchons d'oreilles ou un casque sont fournis par le centre. Certains centres proposent de la musique.
TEP-scan au FDG (fluorodésoxyglucose) : jeûne strict de 6 heures minimum. Le glucose contenu dans les repas entre en compétition avec le traceur radioactif et fausse les résultats. L'eau plate est autorisée. La glycémie doit être inférieure à 1,5 g/L au moment de l'injection.
Scintigraphie thyroïdienne : arrêt des traitements thyroïdiens et des médicaments iodés selon un calendrier précis, parfois 3 à 6 semaines avant l'examen.
Délai d'attente : après l'injection du traceur, une période d'attente de 45 minutes à 2 heures est nécessaire avant la prise d'images. Prévoyez du temps et un accompagnant si possible.
Un patient correctement préparé permet au radiologue d'obtenir des images de meilleure qualité, mais aussi de réduire la durée totale de l'examen. En IRM abdominale par exemple, une préparation intestinale correcte peut faire gagner 10 à 15 minutes d'acquisition et éviter la nécessité d'un deuxième rendez-vous pour refaire des séquences insuffisantes.
Source : Société Française de Radiologie, recommandations de pratique, 2023Le produit de contraste
Le produit de contraste est utilisé pour certains scanners et IRM afin d'améliorer la visualisation des vaisseaux et des organes. Son utilisation est encadrée et surveillée.
Il existe deux grandes familles : les produits de contraste iodés, injectés pour les scanners, et les produits au gadolinium, utilisés pour certaines IRM. Chacun a un profil de tolérance et des contre-indications spécifiques.
L'injection peut provoquer une sensation de chaleur intense et fugace dans tout le corps, un goût métallique en bouche, et parfois une sensation de brûlure au point d'injection. Ces sensations sont normales et passent en quelques secondes à quelques minutes.
Après un scanner avec injection de produit de contraste iodé, il est recommandé de boire abondamment dans les heures suivantes (1,5 à 2 litres d'eau) pour favoriser l'élimination rénale du produit.
IRM et implants métalliques
Le champ magnétique de l'IRM est extrêmement puissant. La présence de certains implants métalliques peut être une contre-indication ou nécessiter des précautions particulières.
Anxiété et claustrophobie
L'appréhension avant un examen d'imagerie est fréquente et légitime. La claustrophobie, en particulier pour l'IRM, concerne une proportion significative de patients. Des solutions existent.
L'IRM est l'examen le plus susceptible de provoquer une claustrophobie : le patient est allongé dans un tunnel cylindrique et doit rester immobile pendant 30 à 60 minutes dans un environnement bruyant.
Entre 5 et 10 % des patients ne terminent pas leur IRM pour des raisons d'anxiété ou de claustrophobie, entraînant un coût organisationnel et humain significatif. Dans les centres qui proposent une préparation psychologique courte avant l'examen (explication du déroulement, visite de la salle), ce taux chute à moins de 2 %. Parler de son anxiété lors de la prise de rendez-vous est la première étape la plus efficace.
Source : SFR, rapport sur la qualité de prise en charge des patients en imagerie, 2022En parler lors de la prise de rendez-vous
Signalez votre anxiété ou votre claustrophobie au moment de la prise de rendez-vous. L'équipe peut réserver un créneau plus long ou contacter votre médecin pour une prémédication anxiolytique si nécessaire.
IRM ouvertes ou à haut champ ouvert
Certains centres disposent d'IRM à architecture ouverte, moins confinées que les IRM cylindriques classiques. Elles permettent de réaliser l'examen pour des patients très claustrophobes. Renseignez-vous lors de la prise de rendez-vous.
Techniques de relaxation
Des exercices simples de respiration abdominale lente, pratiqués les jours précédant l'examen, peuvent réduire significativement l'anxiété anticipatoire. Pendant l'examen, se concentrer sur sa respiration aide à tenir la durée.
La poire d'appel
Vous disposez d'une poire d'appel dans la main pendant toute la durée de l'examen. En appuyant dessus, vous communiquez immédiatement avec le manipulateur. L'examen peut être suspendu ou arrêté à tout moment.
Votre expérience peut aider
D'autres personnes ayant vécu des examens d'imagerie partagent leur vécu sur Hospitalidée : comment ils ont géré l'attente, la claustrophobie, l'anxiété avant l'injection. Leurs témoignages peuvent vous aider à mieux vous préparer. Et si vous avez vous-même traversé cette expérience, votre avis peut faire une vraie différence pour ceux qui viennent après vous.
🔍 Recherchez « radiologie » sur hospitalidee.fr pour lire les avis ou déposer le vôtreLes essentiels santé
🔗 Sélection Hospitalidée : En tant que Partenaire Amazon, Hospitalidée réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises, sans frais supplémentaires pour vous. → En savoir plus sur nos partenariats
Questions fréquentes
Signalez-le immédiatement à l'accueil du centre d'imagerie en arrivant. L'équipe décidera si l'examen peut être maintenu avec ou sans injection, ou s'il est préférable de le reporter. Ne mentez jamais sur votre état de jeûne : la décision appartient à l'équipe médicale, pas au patient.
Dans la grande majorité des cas, oui. Les médicaments pour le coeur, la tension, l'épilepsie, la dépression ou toute autre pathologie chronique doivent en général être maintenus, y compris le matin de l'examen, avec une gorgée d'eau si nécessaire. Les exceptions principales concernent la metformine avant scanner avec injection, et certains traitements thyroïdiens avant scintigraphie. En cas de doute, appelez votre médecin ou le centre d'imagerie la veille.
Après une IRM ou un scanner sans prémédication, vous pouvez conduire normalement. En revanche, si vous avez reçu un anxiolytique ou un sédatif avant l'examen (prémédication pour claustrophobie), vous ne devez pas conduire dans les heures suivantes. Prévoyez un accompagnant pour le retour.
Pour les jeunes enfants (en général avant 6-7 ans), une anesthésie générale légère ou une sédation est souvent nécessaire pour garantir l'immobilité indispensable à la qualité des images. Pour les enfants plus grands, une préparation psychologique aide beaucoup : expliquer simplement le déroulement (un grand tube qui fait du bruit, mais qui ne fait pas mal), montrer des photos ou vidéos de l'appareil. Certains centres proposent des visites de préparation pour les enfants anxieux.
Sources et références
- HAS : Recommandations de bonne pratique : préparation aux examens d'imagerie, 2022. has-sante.fr
- Société Française de Radiologie (SFR) : Recommandations de pratique clinique en imagerie et rapport sur la qualité de prise en charge des patients, 2022-2023. sfrnet.org
- IRSN : Guide de radioprotection des patients : principes et applications, 2023. irsn.fr
- Ameli.fr : Préparer un examen d'imagerie médicale : les consignes essentielles, 2024. ameli.fr
Sélection éditoriale Hospitalidée. Toutes les sources citées dans ce guide sont accessibles librement en ligne.