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SOPK : comprendre le syndrome des ovaires polykystiques

Critères de Rotterdam 2023, hirsutisme, fertilité, metformine et mode de vie

des femmes touchées

10%

en âge de procréer

d'infertilité

1ère cause

par trouble de l'ovulation

non diagnostiquées

70%

errance médicale fréquente

Qu'est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), ses symptômes et sa prise en charge ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la maladie endocrinienne la plus fréquente chez la femme en âge de procréer (10%). C'est la première cause d'infertilité par anovulation. 70% des femmes atteintes ne sont pas diagnostiquées, avec une errance médicale moyenne de 2 à 5 ans.

📋En bref — Points clés à retenir

Critères de Rotterdam

2/3 critères : cycles irréguliers, hyperandrogénie, ovaires polykystiques

Hyperandrogénie

Hirsutisme, acné sévère, alopécie androgénique

Fertilité préservable

Létrozole en 1ère intention pour l'induction de l'ovulation

Dépistage métabolique

HGPO 75g systématique — risque de diabète x5

Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam révisés (ESHRE 2023) : au moins 2 critères parmi troubles du cycle, hyperandrogénie et ovaires polykystiques. La prise en charge est multidisciplinaire : mode de vie, traitement hormonal, prise en charge de la fertilité et dépistage métabolique.

Signes d'alerte — Quand consulter en urgence

Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale immédiate

Douleur pelvienne aiguë intense + signe de grossesse

Appeler le 15

Grossesse extra-utérine ou torsion d'annexe — urgence chirurgicale possible.

Aménorrhée > 6 mois sans contraception

Consultation gynéco/endocrino sous 2 semaines

Bilan hormonal complet nécessaire pour éliminer les diagnostics différentiels.

Hirsutisme rapidement progressif + virilisation

Consultation urgente

Éliminer une tumeur surrénalienne ou ovarienne sécrétante — imagerie en urgence.

Signes de diabète : soif, polyurie, amaigrissement

Glycémie en urgence

Le SOPK augmente le risque de diabète de type 2 par 5 — dépistage obligatoire.

Diagnostic du SOPK : critères de Rotterdam 2023

Le diagnostic de SOPK repose sur les critères de Rotterdam révisés (ESHRE 2023) — au moins 2 critères sur 3 :

  • 1. Troubles du cycle : oligoménorrhée (cycles > 35 jours) ou aménorrhée (absence de règles > 3 mois). Chez l'adolescente : cycles > 45 jours au-delà de 2 ans post-ménarche.
  • 2. Hyperandrogénie : clinique (hirsutisme score Ferriman-Gallwey ≥ 4-6, acné sévère, alopécie androgénique) et/ou biologique (testostérone totale, DHEA-S, Δ4-androstènedione, SHBG).
  • 3. Ovaires polykystiques : échographie pelvienne ≥ 20 follicules/ovaire (2-9 mm) en sonde endovaginale, ou volume ovarien ≥ 10 mL. Nouveauté 2023 : l'AMH élevée peut remplacer l'échographie.

Diagnostics à éliminer : hypothyroïdie (TSH), hyperprolactinémie (prolactine), hyperplasie congénitale des surrénales (17-OHP), syndrome de Cushing, tumeur androgéno-sécrétante.

Traitement du SOPK selon le profil clinique

1. Mesures hygiéno-diététiques (toujours en 1ère intention)

  • Activité physique : 150 min/semaine d'activité modérée — améliore l'insulinorésistance et la régularité des cycles
  • Perte de poids : 5-10% du poids suffit à restaurer l'ovulation chez 50% des patientes en surpoids
  • Alimentation : régime méditerranéen, index glycémique bas, limiter les sucres raffinés

2. Traitement hormonal

  • Contraception œstroprogestative (COP) : régularise les cycles, réduit l'hyperandrogénie. Préférer les progestatifs anti-androgéniques (acétate de cyprotérone faible dose, drospirénone).
  • Metformine : si IMC ≥ 25 ou intolérance aux hydrates de carbone — améliore l'insulinorésistance
  • Spironolactone : 50-100 mg/j en anti-androgène si hirsutisme résistant (sous contraception obligatoire)

3. Infertilité : induction de l'ovulation

  • Létrozole : 1ère intention ESHRE 2023 (supérieur au citrate de clomifène)
  • Metformine : en complément ou alternative si IMC élevé
  • Drilling ovarien : cœlioscopie si échec des traitements médicaux
  • FIV : en 2e intention après échec de l'induction

Dépistage métabolique et suivi à long terme

Le SOPK est associé à un risque métabolique et cardiovasculaire accru. Un dépistage systématique est recommandé dès le diagnostic :

  • HGPO 75g : systématique au diagnostic, à répéter tous les 1-3 ans (risque de DT2 x5)
  • Bilan lipidique : cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides
  • Tension artérielle : dépistage HTA dès 30 ans
  • Syndrome métabolique : tour de taille, glycémie, TG, HDL, TA
  • Dépistage psychologique : anxiété et dépression fréquentes (30-40% des patientes)

Grossesse et SOPK : risque accru de diabète gestationnel (x3), pré-éclampsie et prématurité. Suivi obstétrical renforcé obligatoire.

Le saviez-vous ?

Le nom « ovaires polykystiques » est trompeur : il ne s'agit pas de vrais kystes mais de follicules immatures bloqués dans leur développement. L'AMH (hormone antimüllérienne) est désormais un critère diagnostique alternatif à l'échographie depuis les recommandations ESHRE 2023.

Source : ESHRE 2023

Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées par les patients

Sources & méthodologie

  • [1]ESHRE 2023 — International evidence-based guideline for PCOS (2023)
  • [2]Critères de Rotterdam révisés (2023)
  • [3]Vidal — SOPK recommandations 2024 (2024)
  • [4]RecoMédicales — SOPK (2024)

Dernière mise à jour : 2025-03-01

Classement Endocrinologie validé par notre comité médical
Données patients vérifiées • Mise à jour 2025-03-01