Droits et entourage
ALD, RQTH, arrêts de travail, connaître ses droits pour ne pas les subirLes maladies digestives chroniques ouvrent des droits importants : prise en charge à 100 %, aménagements professionnels, reconnaissance du handicap, soutien aux aidants. Cette page présente les dispositifs existants, souvent méconnus, et les démarches pour y accéder.
« La maladie ne devrait jamais conduire à renoncer à des droits auxquels on peut prétendre, mais beaucoup de patients ne font pas les démarches par méconnaissance ou par manque d'énergie. » — Association François Aupetit, rapport sur l'accès aux droits des patients atteints de MICI, 2023
La charge administrative d'une maladie chronique est réelle et souvent épuisante. Formulaires, délais, interlocuteurs multiples, refus à contester : tout cela s'ajoute à la maladie elle-même et à ses contraintes quotidiennes. Cette page ne remplace pas un accompagnement personnalisé, mais elle donne les repères pour savoir ce à quoi vous avez droit et comment engager les démarches.
Les droits présentés ici concernent principalement les pathologies digestives chroniques ouvrant droit à une affection de longue durée (ALD) : maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), cirrhose, hépatites chroniques graves, cancers digestifs. Certains dispositifs (RQTH, congé aidant) s'appliquent plus largement à toute personne en situation de handicap ou de dépendance.
L'affection de longue durée (ALD)
Plusieurs maladies digestives chroniques ouvrent droit à une prise en charge à 100 % au titre de l'affection de longue durée. C'est l'un des dispositifs les plus importants pour les patients.
Certaines maladies digestives ne figurent pas dans la liste des 30 ALD exonérantes mais peuvent néanmoins ouvrir droit à l'exonération du ticket modérateur au titre des ALD hors liste, lorsque leur caractère invalidant et coûteux est reconnu par le médecin conseil de l'Assurance Maladie. N'hésitez pas à en discuter avec votre médecin traitant.
Source : Ameli.fr, ALD hors liste, 2023Maintien dans l'emploi et aménagements professionnels
Une maladie digestive chronique peut rendre certaines conditions de travail difficiles à tenir. Des dispositifs existent pour adapter le poste, aménager les horaires ou organiser des absences.
Le médecin du travail, interlocuteur-clé
Le médecin du travail peut recommander des aménagements de poste (proximité des sanitaires, télétravail partiel, horaires décalés) sans divulguer le diagnostic à l'employeur. Une visite de pré-reprise, avant la fin de l'arrêt de travail, permet d'anticiper le retour dans les meilleures conditions. Source : Service-Public.fr, 2023.
Les arrêts de travail lors des poussées
Lors des poussées sévères, un arrêt de travail peut être prescrit par le médecin traitant ou le spécialiste. En ALD, les indemnités journalières peuvent être versées sans délai de carence dès le premier jour, sous conditions. La durée maximale de versement est de trois ans pour une même affection.
Temps partiel thérapeutique
Après un arrêt maladie, le temps partiel thérapeutique permet de reprendre le travail progressivement, à mi-temps ou en temps réduit, tout en percevant une partie des indemnités journalières. Il est prescrit par le médecin traitant et validé par le médecin conseil. Source : Ameli.fr, 2023.
Congé de longue maladie
Les fonctionnaires atteints d'une maladie grave reconnue (incluant les MICI et les cancers digestifs) peuvent bénéficier d'un congé de longue maladie (CLM) d'un an renouvelable jusqu'à trois ans, avec maintien d'une partie du traitement. Source : Service-Public.fr, 2023.
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH)
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) ouvre des droits spécifiques en matière d'emploi et facilite le maintien dans le poste. Elle est souvent méconnue des patients atteints de maladies digestives chroniques.
La RQTH est accordée par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour cinq ans renouvelables. Elle n'implique pas d'obligation de divulgation au collègues ni à l'employeur (seul le médecin du travail est informé), mais ouvre des droits importants.
Accès à l'emploi adapté
La RQTH permet de postuler aux emplois réservés aux travailleurs handicapés dans la fonction publique, de bénéficier de l'appui de Cap Emploi (réseau spécialisé dans l'insertion professionnelle des personnes handicapées) et d'accéder aux entreprises adaptées (EA) si la situation le justifie.
Aménagements du poste de travail
L'Agefiph (secteur privé) et le FIPHFP (fonction publique) peuvent financer des aménagements matériels du poste, des formations ou des aides humaines. Le médecin du travail joue un rôle central dans la formalisation des préconisations. Ces dispositifs peuvent financer, par exemple, un siège ergonomique, des outils de télétravail ou des adaptations des horaires.
Maintien dans l'emploi
En cas de difficulté à tenir le poste du fait de la maladie, le service de maintien dans l'emploi (SME) peut intervenir pour trouver une solution avant le licenciement pour inaptitude. La RQTH facilite l'accès à ces dispositifs et aux aides financières associées. Source : Agefiph, 2023.
Démarche RQTH
La demande se fait auprès de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) du département de résidence, via le formulaire cerfa 15692. Un certificat médical récent, établi par le médecin traitant ou le spécialiste, est requis. La MDPH a deux mois pour répondre ; en l'absence de réponse, la demande est considérée acceptée. Source : Service-Public.fr, 2023.
Environ 30 % des patients atteints de MICI remplissent les critères d'éligibilité à la RQTH, mais une grande majorité n'en fait pas la demande. Les raisons les plus fréquemment citées : ne pas se considérer « vraiment handicapé », peur des conséquences sur le regard des collègues, et méconnaissance du dispositif. Pourtant, la RQTH est confidentielle et son bénéfice peut être déterminant pour le maintien dans l'emploi lors des poussées.
Source : Association François Aupetit, enquête patients 2023Les proches aidants
Lorsqu'une maladie digestive chronique grave limite significativement l'autonomie, les proches qui aident au quotidien ont eux aussi des droits spécifiques et des ressources dédiées.
La charge des aidants dans les maladies digestives chroniques sévères (cirrhose décompensée, MICI invalidantes, cancers digestifs en traitement) est souvent invisible mais réelle : accompagnements médicaux répétés, gestion des traitements, soutien émotionnel, aménagement de l'environnement domestique. Reconnaître cette charge est la première étape pour l'alléger.
Le congé de proche aidant
Le congé de proche aidant permet à tout salarié ou agent public de s'absenter jusqu'à trois mois (renouvelables jusqu'à un an sur toute la carrière) pour accompagner un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie. Il est indemnisé depuis 2020 : environ 62 euros par jour pour une personne en couple. Source : Service-Public.fr, 2024.
L'allocation journalière du proche aidant (AJPA)
L'AJPA est versée par la CAF ou la MSA pendant le congé de proche aidant. Elle est accessible à tout proche aidant d'une personne en situation de perte d'autonomie ou de handicap. La demande se fait en ligne sur le site de la CAF ou de la MSA selon votre régime. Source : Service-Public.fr, 2024.
Le répit de l'aidant
Des solutions de répit temporaire permettent à l'aidant de souffler : hébergement temporaire du proche en établissement, accueil de jour, intervention d'un auxiliaire de vie. Ces solutions sont partiellement financées par l'APA (allocation personnalisée d'autonomie) pour les personnes âgées, ou par la PCH (prestation de compensation du handicap) pour les personnes handicapées.
Soutien psychologique de l'aidant
L'épuisement de l'aidant est un risque réel, documenté, et trop souvent ignoré. Le dispositif MonPsy (8 séances de psychologue remboursées par an, sur prescription médicale) est accessible aux aidants en situation de souffrance psychologique. Des groupes de parole pour aidants existent également dans de nombreux secteurs. Source : Ameli.fr, 2023.
L'expérience des aidants aussi compte
Accompagner un proche atteint d'une maladie digestive chronique, c'est naviguer dans des situations que peu de gens autour de vous comprennent vraiment. D'autres aidants et patients partagent leur vécu sur Hospitalidée : les démarches qui ont fonctionné, les ressources utiles, les moments difficiles. Leurs témoignages peuvent vous aider à vous sentir moins seul, et si vous avez traversé cette expérience, votre avis peut faire une vraie différence pour ceux qui viennent après vous.
🔍 Recherchez « maladie digestive » sur hospitalidee.fr pour lire les avis ou déposer le vôtreAides financières et dispositifs de soutien
Au-delà de la prise en charge médicale, plusieurs aides financières peuvent contribuer à absorber le surcoût lié à la maladie.
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Questions fréquentes
Non. La RQTH est confidentielle. L'employeur est uniquement informé que vous bénéficiez d'une reconnaissance, sans que le diagnostic soit divulgué. Seul le médecin du travail est informé de la nature de la pathologie, dans le cadre du secret médical, pour formuler des préconisations adaptées.
Vous n'avez aucune obligation de déclarer spontanément votre RQTH à votre employeur, même si vous en bénéficiez. C'est votre droit de le faire ou non. Source : Service-Public.fr, 2023.
La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH) font partie des 30 affections de longue durée (ALD) exonérantes réglementaires, définies par décret. Elles ne peuvent pas être refusées par le médecin conseil de l'Assurance Maladie dès lors que le diagnostic est établi par un gastro-entérologue.
En cas de refus injustifié, vous pouvez saisir la commission de recours amiable de votre CPAM dans un délai de deux mois. Source : Ameli.fr, 2023.
Pour bénéficier du congé de proche aidant, il faut informer l'employeur au moins un mois à l'avance (sauf urgence) et fournir une déclaration sur l'honneur attestant du lien avec la personne aidée et de la situation de dépendance ou de handicap. Les pièces justificatives (justificatif de lien de parenté ou déclaration de vie commune, justificatif de la situation de handicap ou de perte d'autonomie) peuvent être demandées.
La personne aidée doit être un proche : conjoint, enfant, parent, personne avec qui vous vivez, ou avec qui vous êtes en relation étroite et stable. Source : Service-Public.fr, 2024.
Oui. La définition du handicap en droit français (loi du 11 février 2005) est large : « toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques ». Une MICI invalidante, une cirrhose décompensée ou un cancer digestif en cours de traitement peuvent donc ouvrir droit à la RQTH.
L'appréciation se fait au cas par cas par la MDPH, sur la base du certificat médical et des éléments de retentissement sur la vie quotidienne et professionnelle.
Oui, si la maladie entraîne une perte d'autonomie reconnue. Les aides à domicile (aide-ménagère, auxiliaire de vie) peuvent être financées via la prestation de compensation du handicap (PCH, accordée par la MDPH pour les personnes de moins de 60 ans) ou via l'allocation personnalisée d'autonomie (APA, pour les personnes de 60 ans et plus). La CPAM peut également orienter vers des services d'aide à domicile pour les patients en ALD en situation de vulnérabilité. Source : Service-Public.fr, 2023.
Sources et références
- Ameli.fr : Affection de longue durée (ALD) : remboursement et démarches, 2023. ameli.fr
- Service-Public.fr : Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), 2023. service-public.fr
- Service-Public.fr : Congé de proche aidant : conditions et indemnisation, 2024. service-public.fr
- Service-Public.fr : Prestation de compensation du handicap (PCH), 2023. service-public.fr
- Agefiph : Aides au maintien dans l'emploi, 2023. agefiph.fr
- Association François Aupetit : Rapport sur l'accès aux droits des patients atteints de MICI, 2023. afa.asso.fr
Sélection éditoriale Hospitalidée, toutes les sources citées dans ce guide sont accessibles librement en ligne.