Santé sexuelle et infections sexuellement transmissibles
Se protéger, se dépister, se soigner : sans jugement.Les infections sexuellement transmissibles (IST) touchent des millions de personnes chaque année en France, souvent sans symptôme visible. Connaître les risques, les modes de transmission et les possibilités de dépistage est un acte de santé publique autant que de soin de soi.
« Le dépistage des IST est un acte de prévention, pas une honte. » Santé publique France, campagne nationale de dépistage, 2023
Cette page s'adresse à toutes les personnes concernées, directement ou pour accompagner un proche. Elle n'a pas vocation à remplacer un avis médical mais à vous donner les informations de base pour agir.
Les IST ne sont pas une punition ni le reflet d'un comportement irresponsable. Elles se transmettent lors de contacts sexuels, parfois sans aucun symptôme. La seule réponse adaptée est l'information et le dépistage régulier.
Les IST les plus fréquentes en France
Plusieurs infections sexuellement transmissibles (IST) circulent activement en France. Toutes sont diagnosticables et la plupart sont traitables ou curables.
80 % des femmes infectées par la chlamydia n'ont aucun symptôme. Pourtant, non traitée, cette bactérie peut provoquer une salpingite (infection des trompes) et compromettre la fertilité. Un dépistage annuel est recommandé pour toutes les femmes de moins de 26 ans sexuellement actives.
Source : HAS, dépistage des infections à Chlamydia trachomatis, 2023La chlamydia est une infection bactérienne (Chlamydia trachomatis) transmise lors de rapports sexuels non protégés. Elle est asymptomatique dans 80 % des cas chez la femme, d'où son surnom d'"infection silencieuse".
Non traitée, elle peut entraîner une salpingite (infection des trompes) et des risques de séquelles sur la fertilité. Diagnostic par prélèvement vaginal ou urinaire. Traitement par antibiotiques, efficace en quelques jours. Source : HAS, 2023.
Infection bactérienne (Neisseria gonorrhoeae) en hausse régulière depuis 10 ans en France. Elle peut toucher le col de l'utérus, le rectum, la gorge et les yeux. Souvent asymptomatique ou peu symptomatique chez la femme.
Traitable par antibiotiques, mais les souches résistantes se multiplient, d'où l'importance d'un diagnostic précis par prélèvement et culture. Source : Santé publique France, 2023.
Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) attaque le système immunitaire. En France, environ 25 000 personnes ignorent leur séropositivité. Le dépistage est essentiel car plus il est précoce, plus le traitement est efficace.
Les traitements antirétroviraux actuels permettent aux personnes séropositives traitées d'avoir une espérance de vie proche de celle de la population générale. Une personne sous traitement avec une charge virale indétectable ne transmet pas le virus. La PrEP (prophylaxie pré-exposition) permet aux personnes à risque de se protéger efficacement. Source : Santé publique France, 2024.
Causé par le virus Herpes simplex de type 2 (HSV-2), voire HSV-1, l'herpès génital se manifeste par des poussées de vésicules douloureuses suivies de périodes de latence. Il se transmet par contact cutané, même en l'absence de lésion visible.
Il n'existe pas de traitement curatif mais des antiviraux permettent de réduire la fréquence et l'intensité des poussées. L'herpès ne compromet pas la vie sexuelle ou la fertilité : un accompagnement médical et un dialogue avec le partenaire sont importants. Source : Ameli.fr, 2023.
Le dépistage : quand, comment, où ?
Le dépistage des IST n'est pas réservé aux situations d'urgence. Il fait partie d'un suivi gynécologique régulier, surtout chez les personnes avec plusieurs partenaires ou sans protection systématique.
En France, 25 000 personnes vivent avec le VIH sans le savoir. Or une personne diagnostiquée et sous traitement efficace (charge virale indétectable) ne transmet plus le virus. Dépister, c'est donc se protéger et protéger les autres.
Source : Santé publique France, rapport VIH 2023Le HPV : papillomavirus humain et vaccination
Le papillomavirus humain (HPV) est la cause principale du cancer du col de l'utérus. La vaccination est le meilleur moyen de s'en protéger.
Le HPV regroupe plus de 200 types de virus. La plupart des infections sont transitoires et s'éliminent spontanément. Certains types dits "à haut risque" (HPV 16, 18...) peuvent, s'ils persistent, provoquer des lésions précancéreuses et des cancers, principalement du col de l'utérus, mais aussi de la gorge, de l'anus et de la vulve.
En France, le cancer du col de l'utérus représente environ 3 000 nouveaux cas par an, causant près de 1 100 décès. Il est largement évitable par la vaccination et le dépistage régulier. Source : INCa, 2023.
Le vaccin recommandé en France (Gardasil 9) protège contre 9 types de HPV responsables de la majorité des cancers et des condylomes. Il est recommandé pour les filles et les garçons entre 11 et 14 ans, avant les premiers rapports sexuels. Un rattrapage est possible jusqu'à 19 ans (voire 26 ans dans certains cas).
Depuis 2023, une campagne de vaccination est déployée en milieu scolaire en classe de 5e. La vaccination est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour les personnes éligibles. Source : HAS, 2023.
La vaccination ne dispense pas du dépistage par frottis : elle ne protège pas contre tous les types de HPV.
Oui. Le vaccin reste bénéfique pour les adultes qui n'ont pas été vaccinés, même s'il est moins efficace après exposition à certains types de HPV. Une discussion avec votre médecin permet d'évaluer l'intérêt selon votre situation.
Le remboursement par l'Assurance Maladie s'applique jusqu'à 19 ans révolus et jusqu'à 26 ans pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Source : Ameli.fr, 2024.
Où se faire aider et dépister
Des structures accessibles, gratuites et confidentielles existent partout en France pour vous accompagner sans jugement.
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Questions fréquentes
Oui. Plusieurs IST se transmettent par simple contact de muqueuses ou de peau : l'herpès et le HPV se transmettent par contact cutané direct, même sans pénétration. La syphilis peut aussi se transmettre par contact avec une lésion.
Le préservatif réduit significativement le risque mais ne couvre pas toutes les zones cutanées. Certaines infections peuvent également se transmettre lors de rapports bucco-génitaux (gonorrhée, herpès, syphilis, HPV).
Oui, c'est fortement recommandé, et pour certaines IST comme le VIH, c'est encadré par la loi. Prévenir ses partenaires permet à chacun de se faire dépister et traiter, et évite les réinfections.
Si vous ne souhaitez pas le faire vous-même, certains CeGIDD et associations proposent des outils de notification anonyme des partenaires. Votre médecin peut aussi vous aider à trouver les mots.
Oui, pour les infections bactériennes comme la chlamydia ou la gonorrhée : guérie après traitement, elle peut être contractée à nouveau lors d'un nouveau contact infectant. Il n'y a pas d'immunité durable après une infection bactérienne.
Pour les infections virales comme l'herpès ou le HPV, le virus reste dans l'organisme mais peut être tenu en dormance. Une réinfection par un autre type de HPV est possible même après vaccination partielle.
Sources et références
- Santé publique France — Bulletin épidémiologique IST 2023. santepubliquefrance.fr
- HAS — Dépistage des infections à Chlamydia trachomatis, 2023. has-sante.fr
- INCa — Cancer du col de l'utérus : données épidémiologiques, 2023. e-cancer.fr
- HAS — Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), 2023. has-sante.fr
- Ameli.fr — Herpès génital : symptômes, diagnostic, traitement, 2023. ameli.fr
Sélection éditoriale Hospitalidée — toutes les sources citées dans ce guide sont accessibles librement en ligne.