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Guide Neurologie

Maladies neurologiques chroniques

Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie : vivre avec, vraiment — Ces maladies ne se résument pas à un diagnostic. Elles s'installent dans la durée, redessinent les habitudes, et posent une question que personne ne dit tout à fait à voix haute : est-ce que je vais rester moi ? Ce chapitre essaie d'y répondre honnêtement.

La maladie de Parkinson, la sclérose en plaques (SEP) et l'épilepsie sont trois pathologies très différentes dans leurs mécanismes, mais qui partagent un enjeu commun : elles s'inscrivent dans la durée, elles fluctuent, et elles imposent une adaptation constante qui touche autant l'identité que le corps. Ce chapitre ne cherche pas à rassurer à tout prix. Il cherche à donner des repères vrais sur chaque maladie, sur les traitements disponibles aujourd'hui, et sur les ressources pour ne pas traverser ça seul. « Vivre avec une maladie neurologique chronique, c'est apprendre à négocier avec son propre corps. C'est un travail permanent, qui demande de la patience, du courage et un entourage qui comprend. » — Témoignage recueilli par France Parkinson, 2023

Sources :

Trois maladies, des millions de personnes

Ces trois pathologies concernent ensemble plus d'un million de personnes en France. Derrière chaque chiffre, des vies réorganisées autour de la maladie, et des proches qui s'adaptent aussi.

La maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson (MP) est une maladie neurodégénérative liée à la destruction progressive des neurones produisant la dopamine dans la substance noire du cerveau. Elle évolue lentement et ses symptômes sont très variables d'une personne à l'autre.

Les symptômes principaux

La triade classique associe : tremblement de repos (présent au repos, diminué par le mouvement), akinésie (lenteur des mouvements, difficulté à initier les gestes) et rigidité musculaire. Ces symptômes débutent le plus souvent d'un seul côté du corps avant de s'étendre progressivement.

Des symptômes non moteurs sont fréquents et souvent tout aussi invalidants : troubles du sommeil (agitation nocturne, somnolence diurne), troubles de l'humeur (dépression dans 40 % des cas), troubles cognitifs, troubles digestifs et hypotension orthostatique. Source : HAS, 2023.

Les traitements disponibles

La lévodopa (L-Dopa) reste le traitement le plus efficace sur les symptômes moteurs. Elle doit être prise à horaires stricts, souvent fractionnés sur la journée, pour éviter les fluctuations entre périodes « on » (symptômes contrôlés) et « off » (retour des symptômes). Les agonistes dopaminergiques sont souvent utilisés en complément ou en première intention chez les patients plus jeunes.

Pour les formes évoluées avec fluctuations sévères, des options avancées existent : stimulation cérébrale profonde (SCP) des noyaux sous-thalamiques, pompe à apomorphine sous-cutanée, pompe intrajéjunale de lévodopa. Ces techniques permettent souvent une amélioration remarquable de la qualité de vie. Source : HAS, recommandations Parkinson 2023.

Le saviez-vous ?

Les premiers symptômes de la maladie de Parkinson peuvent précéder le diagnostic de plusieurs années, voire d'une décennie. Parmi ces signes précoces : troubles de l'olfaction (perte de l'odorat), constipation chronique et troubles du sommeil paradoxal (agitation, cris pendant le sommeil). Ces symptômes, isolés, passent souvent inaperçus ou sont attribués à autre chose.

Source : Inserm, dossier maladie de Parkinson, 2022
Bon à savoir — L'activité physique, un traitement à part entière. Plusieurs études montrent que l'exercice physique régulier (marche nordique, vélo, tai-chi, danse) ralentit la progression des troubles moteurs et améliore l'équilibre dans la maladie de Parkinson. Une prescription d'activité physique adaptée (APA) peut être délivrée par le médecin. Source : Inserm, 2022.

La sclérose en plaques (SEP)

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux central : le système immunitaire attaque la myéline, gaine protectrice des fibres nerveuses, créant des « plaques » de démyélinisation qui perturbent la transmission des signaux nerveux.

Les formes de la maladie

La forme récurrente-rémittente (SEP-RR) est la plus fréquente (85 % des cas au diagnostic) : elle évolue par poussées (épisodes de nouveaux symptômes ou d'aggravation) suivies de rémissions. La forme progressive primaire (SEP-PP, environ 10-15 %) se détériore de façon continue dès le début.

Les premiers symptômes apparaissent le plus souvent entre 20 et 40 ans. Ils peuvent être très divers : névrite optique (trouble visuel brutal), fatigue intense, troubles sensitifs (engourdissements, fourmillements), troubles de l'équilibre, troubles vésicaux. Source : Inserm, 2023.

Les traitements de fond

L'arsenal thérapeutique de la SEP-RR s'est considérablement enrichi depuis les années 1990. Les traitements de fond (immunomodulateurs et immunosuppresseurs) visent à réduire la fréquence des poussées et à ralentir l'accumulation du handicap : interférons bêta, natalizumab, ocrelizumab, siponimod pour la forme progressive, entre autres.

La fatigue est le symptôme le plus fréquent et souvent le plus mal compris par l'entourage. Elle ne ressemble pas à la fatigue ordinaire et ne cède pas avec le repos. Des stratégies d'économie d'énergie, l'ergothérapie et parfois des traitements médicamenteux peuvent l'améliorer. Source : ARSEP, 2023.

Chaleur et SEP : l'effet Uhthoff. De nombreuses personnes atteintes de SEP voient leurs symptômes s'aggraver transitoirement avec la chaleur (bain chaud, fièvre, effort physique intense). C'est le phénomène d'Uhthoff. Cette aggravation est temporaire et réversible avec le rafraîchissement, mais elle mérite d'être anticipée, en particulier pendant les mois d'été.

L'épilepsie

L'épilepsie est définie par la survenue d'au moins deux crises épileptiques non provoquées. Une crise résulte d'une activité électrique anormale et excessive d'un groupe de neurones. Les crises sont très diverses dans leurs manifestations.

Crises focales

Naissent dans une zone précise du cerveau. Peuvent être motrices (secousses d'un membre), sensitives, visuelles, ou s'accompagner de troubles de la conscience. Elles peuvent secondairement se généraliser à tout le cerveau.

Crises généralisées

Impliquent d'emblée les deux hémisphères. La crise tonico-clonique (anciennement « grand mal ») est la plus spectaculaire : rigidité puis secousses des quatre membres, perte de conscience, sans mémoire de la crise.

Absences

Courtes interruptions de la conscience (quelques secondes) sans chute. Fréquentes chez l'enfant. La personne « se fige » brièvement, puis reprend son activité sans souvenir de l'épisode. Elles peuvent passer longtemps inaperçues.

Les médicaments antiépileptiques (MAE)

Le traitement repose sur les médicaments antiépileptiques (MAE) : valproate de sodium, lévétiracétam, lamotrigine, carbamazépine, lacosamide, entre autres. Le choix dépend du type de crises, de l'âge, du sexe et des comorbidités.

Les MAE doivent être pris sans interruption, à des horaires réguliers. Tout arrêt brutal peut déclencher un état de mal épileptique, crise prolongée constituant une urgence médicale absolue. Important : le valproate de sodium est formellement contre-indiqué pendant la grossesse. Une consultation préconceptionnelle avec le neurologue est indispensable. Source : HAS, 2022.

Le saviez-vous ?

Environ 30 % des personnes épileptiques ne voient pas leurs crises contrôlées malgré plusieurs médicaments bien conduits. Pour ces cas, qualifiés d'épilepsies pharmacorésistantes, d'autres options existent : chirurgie de l'épilepsie, stimulation du nerf vague, régime cétogène. Ces approches nécessitent une évaluation dans un centre spécialisé épilepsie.

Source : HAS, recommandations épilepsie pharmacorésistante, 2022

Vivre au quotidien avec une maladie neurologique chronique

Malgré leurs différences, ces trois maladies partagent des défis communs dans la vie de tous les jours. Fatigue, observance du traitement, impact sur les relations, enjeux professionnels : ce que les consultations médicales ne disent pas toujours.

Bon à savoir — L'éducation thérapeutique du patient (ETP). Des programmes d'ETP existent pour les trois maladies. Ils permettent de mieux comprendre sa maladie, de développer des compétences d'auto-gestion et d'échanger avec d'autres patients dans une situation similaire. Renseignez-vous auprès de votre service de neurologie ou des associations de patients.
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Votre expérience peut aider

D'autres personnes vivant avec une maladie neurologique chronique partagent leur vécu sur Hospitalidée. Leurs témoignages parlent de la fatigue, des hauts et des bas, de ce qu'on ne dit pas en consultation. Si vous avez vous-même traversé cette expérience, votre avis peut faire une vraie différence pour ceux qui viennent après vous.

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