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Guide Ophtalmologie

Traitements et chirurgie en ophtalmologie

Des collyres aux injections intravitréennes, de la cataracte au laser réfractif — L'ophtalmologie dispose aujourd'hui d'un arsenal thérapeutique remarquable. Comprendre les options de traitement disponibles permet d'aborder chaque prise en charge avec confiance et de poser les bonnes questions à son ophtalmologue.

Recevoir une ordonnance pour des injections intravitréennes (IVT) ou apprendre qu'on va être opéré de la cataracte : ces annonces provoquent souvent plus d'appréhension que la maladie elle-même. L'aiguille dans l'oeil, l'anesthésie, le lendemain de l'opération : l'inconnu fait peur. Ce que les patients qui ont traversé ces actes disent presque unanimement : l'anticipation était bien plus difficile que la réalité. Cette page vous donne les repères concrets pour aborder chaque étape du traitement avec lucidité. « Les anti-VEGF ont transformé le pronostic de la DMLA humide : une maladie autrefois cécitante est aujourd'hui, dans la majorité des cas, stabilisée par le traitement. » Pr P.-H. Gabrielle, ophtalmologue, données Fight Retinal Blindness, 2023

Sources :

Les collyres : premiers alliés au quotidien

Les collyres sont des solutions ophtalmiques instillées directement dans l'oeil. Selon leur composition, ils lubrifient, réduisent la pression intraoculaire (PIO), combattent une infection ou atténuent une inflammation.

L'instillation d'un collyre est un geste simple mais qui requiert une technique correcte pour être efficace. Il convient de se laver les mains, de tirer légèrement la paupière inférieure, de déposer une goutte dans le cul-de-sac conjonctival sans toucher l'oeil avec l'embout, puis de fermer l'oeil une à deux minutes en appuyant doucement sur le coin interne pour limiter le passage systémique.

Type de collyreIndication principalePoints de vigilance
Larmes artificiellesSécheresse oculaire, confort après chirurgie, yeux irritésPréférer les formules sans conservateur pour un usage régulier ; compatibilité variable avec les lentilles de contact
Collyres hypotonisantsGlaucome : réduction de la PIOPlusieurs classes (bêtabloquants, prostaglandines, inhibiteurs de l'anhydrase carbonique) ; observance stricte et régulière indispensable
Collyres anti-inflammatoiresPost-opératoire, uvéites, conjonctivites allergiquesLes corticoïdes locaux ne s'utilisent que sur prescription ; durée limitée pour éviter l'élévation de la PIO
Collyres antibiotiquesConjonctivites bactériennes, prévention post-opératoireNe pas utiliser sans avis médical ; ne pas prolonger au-delà de la durée prescrite
Collyres mydriatiquesDilatation de la pupille pour examen du fond d'oeilFlou visuel et photosensibilité transitoires après instillation ; ne pas conduire dans les heures suivantes

Le saviez-vous ?

Dans le traitement du glaucome, une seule goutte de collyre sur deux appliquée correctement suffit pour maintenir un effet thérapeutique optimal. La majorité des patients instillent leur collyre trop vite, ou touchent la cornée avec l'embout, ce qui diminue l'efficacité et augmente le risque d'infection. La technique compte autant que la régularité.

Source : SFO (Société Française d'Ophtalmologie), 2022

Les injections intravitréennes (IVT)

Les injections intravitréennes (IVT) consistent à injecter directement dans le vitré de l'oeil un médicament, le plus souvent un anti-VEGF (facteur de croissance vasculaire endothélial). Elles constituent aujourd'hui le traitement de référence de la DMLA humide et de l'oedème maculaire diabétique.

Les anti-VEGF neutralisent le facteur de croissance vasculaire responsable de la prolifération des néovaisseaux anormaux sous la rétine. Ils stabilisent, voire améliorent, la vision dans 90 % des cas de DMLA humide traités précocement. Source : Inserm, 2024.

Déroulement de l'acte

L'IVT se réalise en consultation ou en salle dédiée, sous anesthésie locale par collyre. Une fine aiguille est introduite dans le vitré. L'acte dure quelques secondes. Le patient repart le jour même avec des collyres antibiotiques préventifs.

Sensations ressenties

L'injection est peu douloureuse grâce à l'anesthésie locale. Une légère pression peut être perçue. Des corps flottants ou un voile transitoire peuvent apparaître dans les heures suivant l'acte, le plus souvent sans gravité.

Rythme et suivi

Le traitement comporte une phase d'induction (3 injections mensuelles) puis un espacement progressif selon la réponse. Un contrôle par OCT rétinien avant chaque injection guide la décision thérapeutique. Le suivi est régulier et prolongé.

Efficacité et limites

Les IVT stabilisent la DMLA humide dans la grande majorité des cas. Elles ne guérissent pas la maladie : l'arrêt du traitement expose à une reprise évolutive. Certains patients nécessitent des injections au long cours, parfois sur plusieurs années.

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Votre expérience peut aider

Des patients traités par injections intravitréennes ou opérés de la cataracte partagent leur vécu sur Hospitalidée. Lire leurs témoignages peut vous aider à mieux appréhender ce qui vous attend ; et si vous avez vous-même traversé l'expérience, votre avis peut faire une vraie différence pour ceux qui viennent après vous.

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Délai de traitement. Dans la DMLA humide, chaque semaine de retard peut aggraver le pronostic visuel de façon irréversible. Si votre ophtalmologue vous prescrit des IVT en urgence, ne reportez pas le premier rendez-vous.

La chirurgie de la cataracte

Avec plus d'un million d'interventions réalisées en France en 2023, la chirurgie de la cataracte est l'acte chirurgical le plus pratiqué dans le pays. Elle est réalisée en ambulatoire, dure moins de 20 minutes et affiche un taux de succès supérieur à 95 %. Source : ATIH, 2024.

  • Avant l'intervention

    Consultation préopératoire et biométrie

    L'ophtalmologue réalise une biométrie oculaire (mesure précise des dimensions de l'oeil) pour calculer la puissance de l'implant intraoculaire qui remplacera le cristallin opacifié. Les antécédents, les traitements en cours et l'acuité visuelle attendue sont évalués. Des collyres anti-infectieux sont souvent prescrits la veille.

  • Pendant

    La phacoémulsification : technique de référence

    Sous anesthésie locale (collyre ou injection péribulbaire), le chirurgien réalise une micro-incision de 2 à 3 mm dans la cornée. Le cristallin opacifié est fragmenté par ultrasons et aspiré. Un implant intraoculaire souple est ensuite inséré et déployé dans le sac capsulaire. L'incision est auto-étanche : aucun point de suture n'est nécessaire dans la plupart des cas.

  • Après

    Suivi post-opératoire et collyres

    Le patient repart avec un pansement oculaire protecteur et des collyres anti-inflammatoires et antibiotiques à instiller pendant plusieurs semaines. La vision s'améliore souvent dès le lendemain. Des contrôles à J1, J8 et un mois sont habituellement prévus.

  • Types d'implants

    Monofocaux, multifocaux, toriques

    Les implants monofocaux corrigent la vision à une distance (généralement de loin) et nécessitent des lunettes pour la lecture. Les implants multifocaux visent à s'affranchir des lunettes à toutes distances. Les implants toriques corrigent en plus l'astigmatisme préexistant. Le choix est discuté avec le chirurgien selon le mode de vie et les attentes visuelles.

Le saviez-vous ?

Environ 20 % des patients développent une opacification de la capsule postérieure dans les mois ou années qui suivent la chirurgie de la cataracte, ce qu'on appelle parfois la « cataracte secondaire ». Elle se traite en quelques secondes au laser YAG, en consultation, sans anesthésie ni hospitalisation. Ce n'est pas une complication de la chirurgie mais une évolution naturelle attendue.

Source : HAS, 2019

Traitements du glaucome

Le glaucome se traite selon une stratégie progressive : médicaments topiques en première intention, laser trabéculaire, puis chirurgie si nécessaire. L'objectif est de maintenir la pression intraoculaire en dessous d'un seuil qui préserve le nerf optique.

Collyres hypotonisants

Traitement de première ligne. Plusieurs classes pharmacologiques (prostaglandines, bêtabloquants, inhibiteurs de l'anhydrase carbonique, alpha-2-agonistes) réduisent la pression intraoculaire de 20 à 40 %. L'observance quotidienne est indispensable.

Trabéculoplastie laser (SLT)

Le laser SLT (trabéculoplastie sélective au laser) stimule le réseau trabéculaire pour améliorer le drainage de l'humeur aqueuse. L'acte est réalisé en consultation, sans anesthésie. Son effet dure en moyenne 2 à 5 ans et peut être renouvelé.

Chirurgie (trabéculectomie, MIGS)

Réservée aux glaucomes insuffisamment contrôlés. La trabéculectomie crée un drainage chirurgical de l'humeur aqueuse. Les implants MIGS (chirurgie mini-invasive du glaucome) offrent une alternative moins traumatisante, souvent combinée à la chirurgie de la cataracte.

Glaucome et suivi à vie. Le glaucome est une maladie chronique qui nécessite un suivi ophtalmologique régulier au long cours, même lorsque la pression est bien contrôlée. Les examens de champ visuel et d'OCT du nerf optique permettent de détecter une éventuelle progression avant qu'elle ne soit ressentie par le patient.

La chirurgie réfractive

La chirurgie réfractive corrige les troubles de la vision (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) pour réduire ou supprimer la dépendance aux lunettes et aux lentilles de contact. Elle s'adresse à des patients soigneusement sélectionnés après un bilan préopératoire approfondi.

Bilan préopératoire obligatoire

Topographie cornéenne, pachymétrie (épaisseur cornéenne), mesure de la PIO, fond d'oeil dilaté. Un arrêt des lentilles souples est requis avant le bilan (7 jours minimum). Ce bilan seul conditionne l'éligibilité à la chirurgie.

Contre-indications principales

Cornée trop fine ou irrégulière, kératocône, instabilité de la correction optique depuis moins d'un an, yeux secs sévères, certaines maladies auto-immunes. L'âge minimum recommandé est 18 à 20 ans selon la stabilité de la myopie.

Résultats et récupération

La vision s'améliore souvent dès le lendemain en LASIK, en quelques jours en PKR (photokératectomie réfractive). Le résultat visuel final est obtenu en 1 à 3 mois. Environ 95 % des patients atteignent une acuité de 8/10 ou plus sans correction après l'intervention.

Remboursement et coût

La chirurgie réfractive n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie car considérée comme un acte de confort. Certaines mutuelles prennent en charge une partie du coût. Le prix par oeil varie généralement entre 800 et 1 800 euros selon la technique et l'établissement.

Après une intervention ophtalmologique

Chaque acte chirurgical oculaire s'accompagne de consignes post-opératoires précises. Les respecter conditionne la bonne cicatrisation et prévient les complications.

Symptômes à signaler sans délai après une intervention ophtalmologique : baisse visuelle soudaine, douleur intense, rougeur majeure, larmoiement purulent, vision de flashes lumineux ou voile dans le champ visuel. Contactez immédiatement votre chirurgien ou les urgences ophtalmologiques.
  • J0 – J3

    Retour à domicile et premiers soins

    Port du cache protecteur oculaire prescrit, notamment la nuit pour éviter tout frottement. Instillation des collyres selon le schéma prescrit (souvent 4 à 6 fois par jour en phase aiguë). Éviter l'eau dans l'oeil opéré et les environnements poussiéreux ou enfumés.

  • J1 – J7

    Activités progressivement reprises

    La lecture, la télévision et les écrans sont généralement autorisés rapidement. La conduite automobile est possible dès que l'acuité visuelle est jugée suffisante par l'ophtalmologue, souvent dès J1 pour la cataracte. La natation et les sports de contact sont déconseillés pendant 2 à 4 semaines.

  • 1 mois

    Cicatrisation et bilan visuel

    La consultation de contrôle à un mois confirme la cicatrisation, évalue l'acuité visuelle finale et adapte si nécessaire la correction optique résiduelle. Pour la cataracte, c'est à ce stade que les nouvelles lunettes sont généralement prescrites si besoin.

  • Cicatrisation

    Protection solaire de la cicatrice

    Les yeux opérés sont photosensibles pendant plusieurs semaines. Le port de lunettes de soleil à protection UV totale en extérieur est recommandé pour tous les patients opérés, pendant au moins trois mois. Cette précaution limite le risque d'inflammation et favorise une cicatrisation cornéenne optimale.

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