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Sécheresse oculaire : causes, traitements et solutions durables

Syndrome de l'œil sec, larmes artificielles, écrans, glandes de Meibomius, traitements innovants

Personne touchée

1 sur 2

La sécheresse oculaire touche jusqu'à une personne sur deux, avec une prévalence croissante liée aux écrans

Écrans = facteur majeur

4 h/j

Le travail prolongé sur écran réduit la fréquence de clignement de 50 %, asséchant la surface oculaire

Des > 65 ans concernés

60 %

La production de larmes diminue avec l'âge, surtout chez les femmes après la ménopause

Pr Christophe Baudouin

Qu'est-ce que la sécheresse oculaire ?

La sécheresse oculaire (syndrome de l'œil sec) est une affection chronique très fréquente résultant d'une altération quantitative ou qualitative du film lacrymal. Elle provoque inconfort, picotements, rougeur et parfois une baisse de la qualité visuelle.

📋En bref — Points clés à retenir

86 % = glandes de Meibomius

Le dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM), qui produisent la couche lipidique du film lacrymal, est la cause principale de sécheresse oculaire.

Écrans + lentilles + ménopause

Les trois facteurs de risque modifiables les plus fréquents. La règle 20-20-20 : toutes les 20 min, regarder à 20 pieds (6 m) pendant 20 secondes.

Traitements étagés

Larmes artificielles sans conservateur → bouchons lacrymaux → lumière pulsée (IPL) → ciclosporine topique → sérum autologue.

Le film lacrymal est composé de trois couches : lipidique (sécrétée par les glandes de Meibomius), aqueuse (glandes lacrymales) et mucinique (cellules conjonctivales). Un déséquilibre de l'une de ces couches provoque une évaporation excessive ou une production insuffisante de larmes. Le dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM) représente 86 % des cas de sécheresse oculaire.

Signes d'alerte — Quand consulter en urgence

Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale immédiate

Douleur oculaire intense + photophobie + baisse de vision

Consultation ophtalmologique urgente

Ces signes peuvent indiquer une kératite sévère (ulcère de cornée) secondaire à la sécheresse, nécessitant un traitement urgent.

Œil rouge persistant malgré les larmes artificielles

Consultation ophtalmologique

Un œil rouge chronique peut masquer une blépharite, une rosacée oculaire ou un début de kératite nécessitant un traitement spécifique.

Sécheresse oculaire sévère + bouche sèche + douleurs articulaires

Bilan rhumatologique

L'association sécheresse oculaire + buccale évoque un syndrome de Gougerot-Sjögren, maladie auto-immune nécessitant un bilan et un suivi spécialisé.

Les deux grands types de sécheresse oculaire

La sécheresse oculaire se divise en deux catégories, souvent intriquées :

TypeMécanismeFréquenceCauses principales
Par déficit aqueuxProduction insuffisante de larmes14 %Syndrome de Sjögren, médicaments (antihistaminiques, antidépresseurs), vieillissement
Par excès d'évaporationFilm lacrymal instable86 %Dysfonctionnement glandes de Meibomius (DGM), blépharite, écrans, lentilles

Facteurs aggravants :

  • Écrans : réduisent la fréquence de clignement de 50 %
  • Climatisation / chauffage : air sec
  • Lentilles de contact : perturbent le film lacrymal
  • Médicaments : antihistaminiques, antidépresseurs, isotrétinoïne, bêta-bloquants
  • Chirurgie réfractive (LASIK) : sécheresse transitoire fréquente
  • Ménopause : la chute des hormones altère les glandes lacrymales et de Meibomius

Comment diagnostiquer la sécheresse oculaire ?

Le diagnostic repose sur un ensemble de tests réalisés par l'ophtalmologiste :

  • Questionnaire OSDI (Ocular Surface Disease Index) : évalue la sévérité des symptômes
  • Test de Schirmer : bandelette absorbante dans le cul-de-sac conjonctival — mesure la production lacrymale en 5 min. Normal > 10 mm.
  • BUT (Break-Up Time) : temps de rupture du film lacrymal après instillation de fluorescéine. Normal > 10 secondes.
  • Coloration à la fluorescéine : révèle les zones de souffrance cornéenne (kératite ponctuée superficielle)
  • Meibographie : imagerie infrarouge des glandes de Meibomius pour évaluer leur atrophie
  • Interférométrie : mesure l'épaisseur de la couche lipidique du film lacrymal

Bilan étiologique si sécheresse sévère : anticorps anti-SSA/SSB (syndrome de Sjögren), bilan thyroïdien, recherche de rosacée oculaire.

Traitements de la sécheresse oculaire : du plus simple au plus spécialisé

Niveau 1 — Mesures de base :

  • Larmes artificielles SANS conservateur (les conservateurs aggravent la sécheresse) : hyaluronate de sodium, carbomère
  • Règle 20-20-20 pour les écrans
  • Humidificateur d'air, lunettes enveloppantes
  • Compresses chaudes + massage des paupières (2 min, 2 fois/jour) pour les glandes de Meibomius

Niveau 2 — Traitements ciblés :

  • Bouchons méatiques (punctal plugs) : obturent les points lacrymaux pour retenir les larmes
  • Ciclosporine collyre 0,1 % (Ikervis®) : anti-inflammatoire immunosuppresseur local pour les formes sévères avec kératite
  • Lumière pulsée (IPL) : traitement des glandes de Meibomius — 3-4 séances, résultats durables

Niveau 3 — Formes réfractaires :

  • Sérum autologue : collyre fabriqué à partir du sang du patient, riche en facteurs de croissance
  • Lentilles sclérales : réservoir lacrymal permanent
  • Greffe de membrane amniotique : cas les plus sévères

Prévention et hygiène de vie pour les yeux secs

Des gestes simples peuvent significativement réduire les symptômes :

  • Cligner consciemment devant les écrans — le clignement complet étal la couche lipidique
  • Positionner l'écran en contrebas : le regard vers le bas réduit l'exposition de la surface oculaire
  • Hygiène des paupières : compresses chaudes + nettoyant palpébral quotidien en cas de blépharite
  • Alimentation riche en oméga-3 : poissons gras 2-3 fois/semaine ou compléments (EPA+DHA ≥ 1 g/jour)
  • Hydratation : boire 1,5 L d'eau/jour minimum
  • Limiter les lentilles de contact : les retirer dès la fin de la journée, préférer les journalières
  • Éviter les courants d'air direct : ventilateurs, climatisation dirigée vers le visage

Syndrome de Sjögren : suivi rhumatologique régulier, pilocarpine orale (Salagen®) pour stimuler les sécrétions.

Le saviez-vous ?

Quand vous travaillez sur un écran, votre fréquence de clignement passe de 15-20 par minute à seulement 5-7 par minute. Ce clignement réduit empêche le renouvellement correct du film lacrymal, expliquant la fatigue oculaire et la sensation de sécheresse en fin de journée.

Source : American Academy of Ophthalmology, 2024

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées par les patients

Sources & méthodologie

  • [1]TFOS DEWS II — Rapport international sécheresse oculaire (2017)
  • [2]SFO — Sécheresse oculaire, recommandations (2024)
  • [3]American Academy of Ophthalmology — Dry Eye (2024)
  • [4]Théa — Syndrome de l'œil sec (2024)

Dernière mise à jour : 2025-03-01

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