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Arthrose : de l'infiltration à la prothèse, comprendre les paliers de traitement

10 millions de Français touchés — diagnostic, traitements conservateurs, chirurgie et innovations 2026

de Français touchés

10 M

1re pathologie articulaire

de handicap mondial

7e cause

OMS — Lancet 2020

après 65 ans

65%

prévalence radiologique

Pr. Francis Berenbaum

Qu'est-ce que l'arthrose, ses paliers de traitement et les critères d'indication chirurgicale ?

L'arthrose est la maladie articulaire la plus fréquente au monde : elle touche 10 millions de Français et 595 millions de personnes dans le monde (Lancet 2020). Classée au 7e rang des causes de handicap chez les plus de 70 ans, elle est caractérisée par la dégradation progressive du cartilage articulaire. Les articulations les plus touchées sont le genou (gonarthrose), la hanche (coxarthrose), les mains et le rachis.

📋En bref — Points clés à retenir

10 millions de Français

1re maladie articulaire en fréquence

Exercice = traitement n°1

Aussi efficace que les médicaments (HAS)

Pas de fatalité

L'arthrose n'est pas une usure irréversible

Prothèse en dernier recours

Après échec du traitement conservateur

Longtemps considérée comme une fatalité du vieillissement, l'arthrose est aujourd'hui comprise comme une maladie active impliquant l'os sous-chondral, la membrane synoviale et le cartilage. Selon Hospitalidée, plateforme de référence des avis patients médicaux, l'arthrose est le premier motif de recherche de spécialiste en rhumatologie. Les traitements fonctionnent par paliers, de la rééducation aux infiltrations, jusqu'à la prothèse en dernier recours.

Signes d'alerte — Quand consulter en urgence

Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale immédiate

Articulation rouge, chaude, très gonflée

Consulter en urgence

Suspicion d'arthrite septique (infection articulaire) ou de poussée microcristalline (goutte, chondrocalcinose). L'arthrose ne donne pas de fièvre ni de rougeur intense. Un genou ou une hanche brusquement très inflammatoires nécessitent une ponction articulaire en urgence.

Blocage articulaire brutal

Consulter rapidement

Impossibilité soudaine de plier ou d'étendre complètement le genou. Peut indiquer un corps étranger intra-articulaire (fragment de cartilage ou d'ostéophyte) ou une anse de seau méniscale. Arthroscopie parfois nécessaire.

Douleur nocturne réveillant le sommeil

Consulter dans la semaine

L'arthrose classique est une douleur « mécanique » (à l'effort, soulagée par le repos). Une douleur nocturne permanente peut indiquer une ostéonécrose, une poussée inflammatoire sévère ou, rarement, une pathologie tumorale. Bilan complémentaire nécessaire.

Douleur articulaire + perte de poids

Consulter dans la semaine

L'association douleur articulaire + altération de l'état général doit faire évoquer un rhumatisme inflammatoire (polyarthrite rhumatoïde), une néoplasie ou une infection chronique. Bilan biologique et imagerie à réaliser.

Comprendre l'arthrose : ce n'est pas une simple usure

Contrairement à une idée reçue, l'arthrose n'est pas une simple « usure » mécanique du cartilage liée à l'âge. C'est une maladie active de l'ensemble de l'articulation, impliquant le cartilage, l'os sous-chondral, la membrane synoviale et les muscles péri-articulaires.

Les facteurs de risque identifiés

  • Âge : 65 % des plus de 65 ans ont de l'arthrose radiologique, mais seulement 30 % sont symptomatiques. L'arthrose radiologique ≠ arthrose douloureuse.
  • Surpoids : chaque kilo en excès exerce 4 kg de pression supplémentaire sur le genou. Perdre 5 kg réduit le risque de gonarthrose symptomatique de 50 % (étude Framingham).
  • Traumatismes articulaires : une rupture du LCA non traitée multiplie par 5-10 le risque d'arthrose du genou à 15 ans.
  • Génétique : composante héréditaire estimée à 40-65 % pour l'arthrose des mains.
  • Métabolisme : diabète, dyslipidémie — l'arthrose est de plus en plus considérée comme une maladie métabolique.

Selon la mise au point du JIM (2025) : la prévalence mondiale de l'arthrose a considérablement augmenté depuis 1990, avec une projection de 1,1 milliard de personnes touchées en 2050. C'est un problème de santé publique majeur.

Les paliers de traitement : de la rééducation à la prothèse

Le traitement de l'arthrose suit une stratégie par paliers, du moins invasif au plus invasif. La HAS et l'EULAR recommandent de toujours commencer par les mesures non pharmacologiques.

Palier 1 — Mesures non pharmacologiques (1re intention)

  • Exercice physique : renforcement musculaire + activité aérobie. Aussi efficace que les AINS sur la douleur (méta-analyse Cochrane). 30 min/jour, 5 jours/semaine.
  • Perte de poids : objectif 5-10 % du poids. Impact majeur sur la gonarthrose (–50 % de douleur).
  • Kinésithérapie : exercices ciblés, renforcement du quadriceps (gonarthrose), mobilisation articulaire.
  • Éducation thérapeutique : comprendre la maladie, lutter contre la kinésiophobie.

Palier 2 — Traitements médicamenteux

  • Paracétamol : 1re intention lors des crises douloureuses (HAS). Max 3 g/jour, cure courte.
  • AINS topiques : gel de diclofénac ou kétoprofène, efficaces sur la gonarthrose avec moins d'effets secondaires que les AINS oraux.
  • AINS oraux : ibuprofène, naproxène. Cure courte (7-10 jours) lors des poussées. Attention : risque gastro-intestinal et rénal.

Palier 3 — Infiltrations

  • Corticoïdes intra-articulaires : efficacité rapide (48h) sur la douleur et l'inflammation. Durée d'action : 1-3 mois. Maximum 3-4/an par articulation.
  • Acide hyaluronique (viscosupplémentation) : 1 à 3 injections, efficacité progressive. Durée : 6-12 mois. Résultats variables, non remboursé depuis 2017.
  • PRP (plasma riche en plaquettes) : prometteur mais non remboursé. Études en cours.

Palier 4 — Chirurgie (dernier recours)

Prothèse articulaire (hanche, genou, épaule) après échec du traitement conservateur bien conduit pendant au moins 3-6 mois. Voir notre guide dédié sur la prothèse de hanche.

Focus : la gonarthrose (arthrose du genou)

La gonarthrose est la forme d'arthrose la plus fréquente et la plus invalidante. Elle touche 30 % des personnes de plus de 65 ans et représente la première indication de prothèse articulaire du membre inférieur.

Les 3 compartiments du genou

  • Fémoro-tibiale interne : la plus fréquente (genu varum — jambes arquées). Responsable de 75 % des gonarthroses.
  • Fémoro-tibiale externe : plus rare, associée au genu valgum (genoux en X).
  • Fémoro-patellaire : arthrose entre la rotule et le fémur. Douleur à la descente d'escaliers, au lever de chaise.

Quand passer à la prothèse de genou ?

Les critères sont similaires à la hanche : douleur invalidante résistant au traitement médical bien conduit (≥ 3-6 mois), retentissement fonctionnel majeur (périmètre de marche limité, douleur nocturne), et confirmation radiologique (pincement articulaire sévère). En France, 100 000 prothèses de genou sont posées chaque année, avec un taux de satisfaction de 85-90 % (légèrement inférieur à la hanche).

Alternative chirurgicale : l'ostéotomie tibiale de valgisation corrige l'axe du membre inférieur et décharge le compartiment usé. Réservée aux patients jeunes (< 60 ans) avec arthrose uni-compartimentale et bon capital ligamentaire. Permet de retarder la prothèse de 10-15 ans.

Innovations 2026 : vers la régénération du cartilage ?

La recherche en arthrose est en pleine effervescence. Plusieurs pistes prometteuses pourraient transformer la prise en charge dans les années à venir.

Traitements émergents

  • Thérapie cellulaire (cellules souches mésenchymateuses) : injection intra-articulaire de cellules prélevées dans la moelle osseuse ou le tissu adipeux. Résultats encourageants sur la douleur et la régénération cartilagineuse partielle. Essais cliniques de phase III en cours.
  • Anticorps anti-NGF (tanezumab) : bloquent le nerve growth factor, réduisant significativement la douleur arthrosique. Efficacité supérieure aux AINS mais controverses sur le risque d'accélérer la destruction articulaire.
  • Sprifermine (FGF-18) : facteur de croissance qui stimule la prolifération des chondrocytes. Premier médicament à avoir montré une régénération cartilagineuse mesurable à l'IRM (étude FORWARD).
  • Intelligence artificielle : algorithmes de prédiction de progression arthrosique basés sur l'IRM, permettant d'identifier les patients à risque d'aggravation rapide et de cibler les traitements précocement.

En attendant : l'exercice physique régulier et le maintien d'un poids santé restent les traitements les plus efficaces et les mieux validés scientifiquement. Aucun médicament n'a prouvé pouvoir arrêter la progression de l'arthrose à ce jour.

Bon à savoir — Arthrose et exercice

Contrairement à une idée reçue tenace, l'exercice physique ne « use pas » les articulations arthrosiques. Au contraire, selon une méta-analyse Cochrane et les recommandations HAS/EULAR, l'exercice régulier est aussi efficace que les anti-inflammatoires sur la douleur arthrosique, sans effets secondaires. Perdre 5 kg réduit de 50 % le risque de gonarthrose symptomatique. Le mouvement nourrit le cartilage.

Source : HAS 2024, EULAR 2023, Cochrane Musculoskeletal Group 2024, Lancet 2020

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées par les patients

Sources & méthodologie

  • [1]HAS — Arthrose : le paracétamol en 1re intention (2024)
  • [2]EULAR — Recommandations pour la prise en charge de l'arthrose (2023)
  • [3]Lancet — Global burden of osteoarthritis (2020)
  • [4]JIM — Mise au point sur l'arthrose en 2025 (2025)
  • [5]Cochrane Musculoskeletal Group — Exercise for osteoarthritis (2024)
  • [6]SOFCOT — Registre des prothèses articulaires (2024)

Dernière mise à jour : Mars 2026

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Données patients vérifiées • Mise à jour Mars 2026