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Occlusion intestinale : urgence chirurgicale, diagnostic et traitement

Arrêt du transit, ballonnements, vomissements — reconnaître et agir vite pour éviter la nécrose intestinale

Des urgences abdominales

20%

L'occlusion représente 1/5 des hospitalisations en urgence chirurgicale

Délai critique

< 6h

Risque de nécrose intestinale si traitement retardé

Mortalité

5-10%

En cas de nécrose intestinale avec péritonite

Pr Jérémie Lefèvre

Qu'est-ce que l'occlusion intestinale aiguë ?

L'occlusion intestinale est l'arrêt complet ou incomplet du transit intestinal (gaz et matières). C'est une urgence chirurgicale fréquente, représentant environ 20 % des hospitalisations en chirurgie abdominale d'urgence. Sans traitement rapide, l'occlusion peut évoluer vers la nécrose intestinale (mort de l'intestin), la perforation et la péritonite.

📋En bref — Points clés à retenir

Urgence chirurgicale fréquente

20 % des urgences abdominales, arrêt complet du transit.

Brides : cause n°1

60 % des occlusions dues à des adhérences post-opératoires.

Scanner abdominal en urgence

Examen clé pour localiser l'obstruction et évaluer la souffrance.

Chirurgie si souffrance intestinale

Intervention en urgence < 6h si nécrose suspectée.

Les causes principales sont les brides post-opératoires (60 % des cas), les hernies étranglées (15 %), les tumeurs (15 %) et les volvulus (5 %). Le diagnostic repose sur le scanner abdominal avec injection. Le traitement est médical (aspiration, réhydratation) si l'occlusion est partielle et sans signe de gravité, chirurgical en urgence si signes de souffrance intestinale.

Signes d'alerte — Quand consulter en urgence

Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale immédiate

Arrêt complet du transit (ni gaz ni selles) + vomissements + douleur

Urgences — SAMU 15 si état de choc

L'association arrêt du transit + vomissements + douleur abdominale + ballonnements est le tableau typique d'occlusion intestinale aiguë.

Douleur abdominale permanente + fièvre + tachycardie

Urgences chirurgicales — suspicion de nécrose intestinale

Des signes de souffrance intestinale (douleur continue, fièvre, défense, tachycardie) nécessitent une chirurgie en urgence dans les 6 heures.

Hernie irréductible + arrêt du transit

Urgences chirurgicales — étranglement herniaire

Une hernie devenue irréductible avec arrêt du transit signe un étranglement herniaire avec occlusion.

Causes de l'occlusion intestinale

L'occlusion intestinale résulte d'un obstacle mécanique au transit ou d'une paralysie du tube digestif (iléus fonctionnel).

Occlusion mécanique du grêle (70 % des cas) :
Brides et adhérences post-opératoires (60 %) : la cause la plus fréquente. Bandes de tissu cicatriciel qui compriment ou coudent l'intestin. Survient des mois à des années après toute chirurgie abdominale.
Hernies étranglées (15 %) : hernie inguinale, crurale ou incisionnelle comprimant l'intestin.
Tumeurs : compression extrinsèque (carcinose péritonéale) ou intrinsèque.

Occlusion mécanique du côlon (30 %) :
Cancer colorectal : première cause d'occlusion colique (60 %). Le cancer se révèle par une occlusion dans 14 % des cas.
Volvulus du sigmoïde : torsion du côlon sigmoïde sur son axe. Plus fréquent chez le sujet âgé. Urgence avec risque de nécrose rapide.
Diverticulite sténosante : inflammation chronique réduisant le calibre colique.

Iléus fonctionnel (sans obstacle mécanique) :
Paralysie intestinale post-opératoire, péritonite, hypokaliémie, médicaments (opioïdes). Traitement médical, pas de chirurgie.

Diagnostic : scanner et signes de gravité

Le diagnostic d'occlusion intestinale repose sur la clinique et l'imagerie.

Tableau clinique typique :
Douleur abdominale : coliques intermittentes (mécanique) ou continue (souffrance)
Vomissements : précoces si obstacle haut (grêle), tardifs si bas (côlon)
Arrêt des matières et des gaz : signe cardinal, plus tardif pour le grêle
Ballonnement abdominal : diffus, tympanisme à la percussion

Scanner abdomino-pelvien avec injection : examen de référence (sensibilité > 95 %). Il permet de :
1. Confirmer l'occlusion (distension d'amont, jonction intestin dilaté/plat)
2. Localiser le niveau et la cause de l'obstacle
3. Évaluer la souffrance intestinale : défaut de rehaussement de la paroi, pneumatose intestinale, épanchement
4. Rechercher une complication : perforation, péritonite

Signes de gravité nécessitant une chirurgie en urgence :
• Défaut de rehaussement de la paroi intestinale au scanner (ischémie)
• Pneumatose intestinale ou aéromésentérie
• Douleur continue (non colique), défense ou contracture
• Tachycardie > 120/min, fièvre > 38,5°C, acidose lactique
• Hernie étranglée irréductible

ASP (abdomen sans préparation) : abandonné au profit du scanner, sauf non-disponibilité.

Traitement : médical ou chirurgical ?

Le traitement dépend de la cause et de la présence de signes de souffrance intestinale.

Traitement médical initial (systématique) :
Sonde naso-gastrique (SNG) en aspiration : décompression gastrique, soulagement des vomissements
Réhydratation IV : correction de la déshydratation et des troubles ioniques
Antalgiques : paracétamol IV, antispasmodiques. Pas de morphine (masque les signes cliniques)
Correction des troubles hydro-électrolytiques : hypokaliémie ++
Lavement évacuateur (occlusion basse) : si pas de signe de gravité

Indications chirurgicales en urgence (< 6h) :
• Tout signe de souffrance intestinale au scanner
• Hernie étranglée irréductible
• Occlusion complète du grêle sans amélioration à 24-48h de traitement médical
• Volvulus du sigmoïde non résolu par détorsion endoscopique

Chirurgie :
Adhésiolyse (section des brides) par cœlioscopie ou laparotomie
Résection intestinale si nécrose : résection du segment nécrosé + anastomose ou stomie temporaire
Colectomie si cancer obstructif : résection tumorale, souvent avec stomie temporaire
Détorsion : volvulus (par endoscopie si possible, sinon chirurgie)

Mortalité : 2-3 % pour l'occlusion simple, 5-10 % en cas de nécrose intestinale avec péritonite. D'où l'importance de la prise en charge rapide.

Prévention et suites

Prévention des occlusions sur bride :
• Chirurgie mini-invasive (cœlioscopie) : réduit la formation de brides de 50 % par rapport à la laparotomie
• Membranes anti-adhérences (Seprafilm®, Adept®) : réduisent les adhérences de 25-50 % dans les essais cliniques
• Réalimentation précoce et mobilisation post-opératoire : stimulent le péristaltisme

Après un épisode d'occlusion :
• Surveillance : risque de récidive de 20-30 % à 10 ans après un premier épisode sur bride
• Régime alimentaire transitoire : alimentation pauvre en résidus pendant 1-2 semaines, puis réintroduction progressive des fibres
• Signes d'alerte à connaître : douleur abdominale + arrêt du transit = consultation en urgence

Après résection intestinale :
• Résection courte (< 1 m de grêle) : pas de conséquence nutritionnelle
• Résection étendue (> 1 m) : risque de syndrome du grêle court (malabsorption, diarrhée)
• Si stomie temporaire : rétablissement de continuité à 2-3 mois

Suivi oncologique si découverte de cancer : scanner + coloscopie + marqueurs tumoraux selon le protocole de la tumeur initiale.

Le saviez-vous ?

60 % des occlusions intestinales sont causées par des brides (adhérences) post-opératoires. La chirurgie par cœlioscopie réduit la formation de ces brides de 50 % par rapport à la chirurgie ouverte. C'est l'un des arguments majeurs en faveur des techniques mini-invasives.

Source : SFCD — Recommandations chirurgie digestive

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées par les patients

Sources & méthodologie

  • [1]SFCD — Recommandations occlusion intestinale aiguë (2023)
  • [2]WSES — Adhesive small bowel obstruction guidelines (2024)
  • [3]Cochrane — Anti-adhesion barriers for preventing post-operative adhesions (2023)

Dernière mise à jour : 2026-03-01

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Données patients vérifiées • Mise à jour 2026-03-01