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Vivre avec la sclérose en plaques

Comprendre la SEP, les traitements de fond, la gestion des poussées et l'accompagnement au quotidien

Patients en France

130 000

5 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année

Âge moyen au diagnostic

30 ans

Touche 3 femmes pour 1 homme (OFSEP 2024)

Traitements de fond

20+

disponibles en 2025 — révolution thérapeutique

Pr Catherine Lubetzki

Qu'est-ce que la sclérose en plaques (SEP) ?

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune chronique du système nerveux central. Le système immunitaire attaque la myéline, l'enveloppe protectrice des fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière. Cette démyélinisation provoque des « plaques » de lésions visibles à l'IRM, entraînant des symptômes neurologiques variés selon la localisation des atteintes.

📋En bref — Points clés à retenir

Ce n'est pas une condamnation au fauteuil

Avec les traitements actuels, la majorité des patients conservent une autonomie satisfaisante. La SEP n'est plus la maladie qu'elle était il y a 20 ans.

Traitement précoce = meilleur pronostic

Débuter un traitement de fond dès le diagnostic réduit de 50-70% le risque de nouvelles poussées et ralentit la progression du handicap.

Suivi neurologique régulier

IRM annuelle, bilan des poussées, adaptation du traitement — un suivi spécialisé dans un centre expert SEP est essentiel.

La SEP évolue le plus souvent par poussées (forme rémittente, 85% des cas au début) : des épisodes de symptômes neurologiques durant plus de 24h, suivis de récupérations partielles ou totales. Après 15-20 ans, la moitié des patients évoluent vers une forme progressive secondaire avec un handicap qui s'installe graduellement. Il existe aussi des formes progressives d'emblée (10-15%). Les traitements de fond actuels ont radicalement transformé le pronostic.

Signes d'alerte — Quand consulter en urgence

Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale immédiate

Poussée sévère : perte de vision d'un œil (névrite optique), paralysie d'un membre, troubles urinaires aigus

Consultation neurologique urgente sous 24-48h

Une poussée sévère nécessite un traitement par bolus de corticoïdes IV (méthylprednisolone 1g/jour pendant 3-5 jours) pour accélérer la récupération. Ne pas retarder la prise en charge.

Symptôme neurologique nouveau chez un patient non encore diagnostiqué

Consultation neurologique rapide + IRM

Un premier épisode de névrite optique, de myélite transverse ou de symptômes sensitifs évoquant une atteinte du SNC doit faire rechercher une SEP. L'IRM cérébrale et médullaire est l'examen clé.

Aggravation progressive du handicap malgré le traitement

Réévaluation thérapeutique

Si le traitement de fond ne contrôle plus la maladie (poussées répétées, nouvelles lésions IRM), un changement de molécule vers un traitement plus efficace est nécessaire (escalade thérapeutique).

Comment diagnostique-t-on la SEP ?

Le diagnostic repose sur les critères de McDonald révisés 2017, qui combinent :

  • Dissémination dans l'espace : au moins 2 zones du SNC atteintes (cerveau, moelle épinière, nerfs optiques)
  • Dissémination dans le temps : au moins 2 épisodes distincts séparés dans le temps, ou des lésions d'âges différents à l'IRM

Les examens clés :

  • IRM cérébrale et médullaire : examen roi — met en évidence les plaques de démyélinisation. Des lésions rehaussées par le gadolinium indiquent une inflammation active
  • Ponction lombaire : recherche de bandes oligoclonales dans le LCR (présentes dans 95% des SEP), signant une synthèse intrathécale d'immunoglobulines
  • Potentiels évoqués visuels : détectent un ralentissement de la conduction sur le nerf optique, même en l'absence de symptôme visuel

Le diagnostic peut désormais être posé dès le premier épisode clinique si l'IRM montre une dissémination spatio-temporelle, permettant un traitement plus précoce.

Les traitements de fond en 2025

La révolution thérapeutique de la SEP a produit plus de 20 molécules en 3 lignes de traitement :

  • 1re ligne (efficacité modérée, bonne tolérance) : interférons bêta (Avonex®, Rebif®), acétate de glatiramère (Copaxone®), diméthyl fumarate (Tecfidera®), tériflunomide (Aubagio®)
  • 2e ligne (haute efficacité) : fingolimod (Gilenya®), natalizumab (Tysabri®), ocrelizumab (Ocrevus®), ofatumumab (Kesimpta®)
  • 3e ligne (induction) : alemtuzumab (Lemtrada®), cladribine (Mavenclad®), autogreffe de cellules souches hématopoïétiques

Nouvelles approches 2024-2025 :

  • Inhibiteurs de BTK (tolebrutinib, fenebrutinib) : en essai clinique de phase III, ils traversent la barrière hémato-encéphalique et ciblent la neuroinflammation compartimentée — potentiel dans les formes progressives
  • Stratégie « traitement précoce intensif » : de plus en plus d'experts recommandent de débuter par un traitement de haute efficacité plutôt que l'approche d'escalade classique, surtout chez les patients jeunes avec forte activité inflammatoire

Gérer une poussée de SEP

Une poussée est définie comme l'apparition de symptômes neurologiques nouveaux ou l'aggravation de symptômes existants, durant plus de 24 heures, en dehors d'un contexte infectieux ou de fièvre (pseudo-poussée).

Traitement de la poussée :

  • Corticoïdes IV : méthylprednisolone 1g/jour pendant 3 à 5 jours (en perfusion de 3h). Accélère la récupération mais ne modifie pas le pronostic à long terme
  • Repos relatif : arrêt de travail si nécessaire, éviter l'effort physique intense pendant la poussée
  • Kinésithérapie douce : dès que les symptômes commencent à régresser

Distinguer poussée et pseudo-poussée : la fièvre, les infections (urinaires ++), le stress et la chaleur peuvent réactiver transitoirement d'anciens symptômes sans qu'il y ait de nouvelle inflammation. Traiter la cause (antibiotiques si infection) suffit alors.

Vivre avec la SEP au quotidien

La qualité de vie avec une SEP dépend autant de la gestion médicale que de l'adaptation du mode de vie :

  • Fatigue : symptôme le plus invalidant (80% des patients). Stratégies : fractionner les activités, sieste courte, activité physique adaptée (paradoxalement, l'exercice réduit la fatigue)
  • Activité physique : recommandée ! 150 min/semaine d'exercice modéré améliore la fatigue, l'humeur et la mobilité. Natation, yoga, marche nordique sont particulièrement adaptés
  • Travail : 70% des patients travaillent au diagnostic, 50% encore à 10 ans. Le RQTH (reconnaissance travailleur handicapé) permet des aménagements de poste
  • Grossesse : possible et souvent bénéfique (les poussées diminuent pendant le 3e trimestre). Planification avec le neurologue pour adapter le traitement
  • Soutien psychologique : la dépression touche 30-50% des patients SEP. L'accompagnement psychologique et les groupes de parole (AFSEP, APF France handicap) sont essentiels

Le saviez-vous ?

La France dispose de l'une des plus grandes cohortes mondiales de patients SEP : l'OFSEP (Observatoire Français de la Sclérose En Plaques) suit plus de 60 000 patients dans 50 centres experts. Ces données de « vraie vie » permettent d'évaluer l'efficacité et la sécurité des traitements à long terme, et font de la France un leader mondial de la recherche sur la SEP.

Source : OFSEP — ofsep.org

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Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus posées par les patients

Sources & méthodologie

  • [1]OFSEP — Observatoire Français de la SEP (2024)
  • [2]ARSEP — Fondation pour la recherche sur la SEP (2024)
  • [3]Critères de McDonald révisés 2017 (2017)
  • [4]Recommandations ECTRIMS/EAN pour le traitement de la SEP (2024)

Dernière mise à jour : 2025-03-01

Services hospitaliers spécialisés

Services reconnus pour leur expertise

Centre expert SEP — Pitié-Salpêtrière

Paris 13e

4.8(287)

1er centre SEP de France, recherche OFSEP

Centre expert

Centre expert SEP — CHU Salengro

Lille

4.7(165)

Centre de référence SEP Nord

Service de neurologie — CHU Pellegrin

Bordeaux

4.6(154)

Centre expert SEP Nouvelle-Aquitaine

Neurologues spécialistes SEP spécialisés

Médecins recommandés pour leur expertise

Pr Catherine Lubetzki

Neurologue

Paris

4.9(156)

Sclérose en plaques et neuroinflammation

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Experte SEP

Pr Patrick Vermersch

Neurologue

Lille

4.8(134)

SEP et essais thérapeutiques

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Données patients vérifiées • Mise à jour 2025-03-01