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Guide Urologie

Infections urinaires et calculs

Deux troubles fréquents, trop souvent banalisés — La cystite, la pyélonéphrite (infection des reins), la colique néphrétique : ces pathologies concernent des millions de personnes chaque année. Comprendre ce qui se passe, comment les traiter et surtout comment éviter les récidives change vraiment la donne au quotidien.

Boire suffisamment n'est pas seulement une bonne habitude. En urologie, c'est souvent le premier geste thérapeutique : contre les infections urinaires, contre les calculs rénaux, contre les récidives. Une réalité simple, que la médecine confirme à chaque recommandation. Ce chapitre explore deux des motifs de consultation les plus fréquents en urologie : les infections des voies urinaires et la lithiase urinaire (les calculs). Deux pathologies distinctes, mais qui partagent plusieurs facteurs de risque et de nombreuses solutions préventives accessibles à tous. « L'eau est le principe et la fin de toutes choses. » — Attribué à Thalès de Milet, philosophe grec, VIe siècle av. J.-C.

Sources :

Les infections urinaires : comprendre et agir

Les infections urinaires (IU) figurent parmi les infections bactériennes les plus courantes en médecine de ville. Elles touchent principalement les femmes, mais concernent aussi les hommes, les personnes âgées et les enfants.

Les infections urinaires se classent selon leur localisation et leur gravité :

La cystite aiguë

Infection de la vessie. Très fréquente chez la femme, elle se manifeste par des brûlures en urinant, une envie urgente et fréquente, sans fièvre. Elle est bénigne et se traite par antibiothérapie courte.

La pyélonéphrite aiguë

Infection des reins. Elle associe des douleurs lombaires et une fièvre élevée à des signes urinaires. Plus sérieuse, elle nécessite toujours une prise en charge médicale rapide et un examen cytobactériologique des urines (ECBU).

La prostatite

Infection de la prostate chez l'homme. Elle peut être aiguë (fièvre, douleurs pelviennes, difficultés à uriner) ou chronique (gêne persistante, moins spectaculaire mais plus difficile à traiter).

La cystite récidivante

Définie par 4 épisodes ou plus par an. Elle justifie un bilan urologique pour rechercher une cause sous-jacente, et peut bénéficier d'une antibioprophylaxie encadrée ou de mesures préventives non antibiotiques.

Le saviez-vous ?

Depuis 2024, la Haute Autorité de Santé (HAS) autorise les pharmaciens d'officine à délivrer un traitement antibiotique pour une cystite aiguë non compliquée, sans ordonnance préalable, sous réserve d'un test urinaire positif réalisé à l'officine. Une avancée concrète pour les femmes concernées.

Source : HAS, Fiche mémo cystite aiguë simple, à risque de complication ou récidivante, mise à jour juillet 2024

Chez l'homme, toute infection urinaire est d'emblée considérée comme compliquée : elle peut masquer une prostatite, une anomalie anatomique ou un obstacle. Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) est systématiquement recommandé avant de traiter.

La lithiase urinaire : les calculs, une maladie qui se prévient

La lithiase urinaire désigne la formation de calculs (communément appelés « pierres ») dans les voies urinaires. Sa prévalence augmente régulièrement depuis cinquante ans dans les pays industrialisés, sous l'effet des changements alimentaires.

La colique néphrétique. C'est la manifestation aiguë la plus connue de la lithiase : une douleur lombaire intense, en crises, souvent irradiant vers l'aine. Elle est causée par un calcul qui obstrue l'uretère (canal reliant le rein à la vessie). Elle nécessite une consultation en urgence pour antalgiques puissants et bilan imagerie (uro-scanner).

Les calculs urinaires se forment quand certaines substances (calcium, oxalate, acide urique) sont présentes en excès dans l'urine et se cristallisent. Plusieurs types de calculs existent, les plus fréquents étant les calculs d'oxalate de calcium (environ 70 % des cas).

Type de calculFréquenceFacteurs favorisants
Oxalate de calcium70 % des casAlimentation riche en oxalates (chocolat, épinards), déshydratation, hypercalciurie
Acide urique10-15 %Alimentation riche en purines (viandes rouges, charcuterie), surpoids, diabète
Struvite5-10 %Infections urinaires récidivantes à certains germes
Cystine1-2 %Maladie génétique rare (cystinurie)

Le saviez-vous ?

La lithiase urinaire récidive dans environ 50 % des cas sans mesures préventives adaptées. Une simple modification alimentaire, combinant réduction des protéines animales, du sel et des aliments riches en oxalates, ainsi qu'une augmentation des apports hydriques, diminue significativement ce risque. L'alimentation est ici un vrai levier thérapeutique.

Source : AFU, Comité Lithiase (CLAFU), Recommandations 2022, Progrès en Urologie, volume 33, 2023

Prévenir les récidives : hydratation et alimentation

Qu'il s'agisse des infections urinaires ou des calculs, la prévention des récidives repose sur des mesures simples mais efficaces. L'hydratation en est le pilier central.

Bon à savoir — L'objectif hydrique recommandé. Pour prévenir les calculs urinaires, l'Association Française d'Urologie (AFU) recommande une diurèse supérieure à 2 litres par jour, soit environ 2 à 2,5 litres de boisson quotidienne. Ce volume doit être augmenté par temps chaud et lors de l'exercice physique.

Au-delà de l'hydratation, les mesures préventives varient selon le type de trouble :

Traitement : ce que la médecine propose

Les infections urinaires et les calculs urinaires bénéficient tous deux de traitements bien codifiés. Selon la gravité et le contexte, les options vont du traitement ambulatoire simple à la prise en charge spécialisée.

Bon usage des antibiotiques. Les antibiotiques sont indispensables pour traiter les infections urinaires, mais leur surutilisation favorise l'émergence de résistances bactériennes. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) sont précises sur le choix des molécules : en 2024, la fosfomycine-trométamol en prise unique reste le traitement de première intention pour la cystite aiguë simple.

Pour les calculs urinaires, le traitement dépend de la taille, de la localisation et du type du calcul :

  • Expulsion spontanée : possible pour les calculs de moins de 5 mm. Elle est favorisée par une hydratation abondante et parfois par un traitement médical (alpha-bloquant).
  • Lithotripsie extracorporelle (LEC) : technique non invasive utilisant des ondes de choc pour fragmenter le calcul depuis l'extérieur du corps.
  • Urétéroscopie : passage d'un endoscope par les voies naturelles jusqu'au calcul pour le fragmenter au laser et l'extraire.
  • Néphrolithotomie percutanée (NLPC) : intervention chirurgicale réservée aux calculs volumineux ou de localisation complexe.
Ne pas retarder la prise en charge d'une colique néphrétique fébrile. Quand une colique néphrétique (douleur lombaire brutale) s'accompagne de fièvre, cela peut indiquer une infection sur calcul (pyélonéphrite obstructive). C'est une urgence urologique qui nécessite une hospitalisation en urgence, car le risque de sepsis (infection généralisée) est réel.

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