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Guide Urologie

Santé sexuelle et fertilité masculine

Ce qu'on n'ose pas demander au médecin

La dysfonction érectile (DE), les troubles de l'éjaculation, la baisse de libido, les difficultés à concevoir : ces sujets sont au coeur de l'identité masculine pour beaucoup d'hommes. Pourtant, ils sont rarement abordés spontanément en consultation. Ce chapitre les nomme, les explique et présente ce que la médecine peut faire.

📅 Mis à jour : juin 2026 ✍️ Équipe Hospitalidée 📚 AFU · OMS · Inserm
« La santé sexuelle est un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social en relation avec la sexualité. » — Organisation Mondiale de la Santé (OMS), définition officielle, 2002, révisée en 2010

La santé sexuelle est une composante reconnue de la santé globale, pas un bonus ou un sujet secondaire. Quand elle est affectée, que ce soit par une pathologie organique, un traitement médicamenteux ou une cause psychologique, l'impact sur la qualité de vie et sur le couple peut être considérable.

Ce chapitre aborde les troubles sexuels masculins et la fertilité avec la franchise qu'ils méritent : ce qui se passe, pourquoi cela arrive, et surtout ce qui peut être fait, médicalement et autrement.

La dysfonction érectile (DE)

La dysfonction érectile (DE) est définie par l'incapacité d'obtenir ou de maintenir une érection suffisante pour une activité sexuelle satisfaisante, persistant depuis au moins 3 mois. C'est l'un des troubles urologiques les plus fréquents et les plus sous-déclarés.

1 / 3
des hommes après 40 ans est concerné par des troubles de l'érection
AFU, Référentiel du Collège d'urologie, 2023
70 %
des couples ont une sexualité active à 70 ans
AFU, Référentiel du Collège d'urologie, 2023
1 couple / 10
est concerné par l'infertilité, avec un facteur masculin impliqué dans environ la moitié des cas
OMS, cité par AFU, 2025
663 000
naissances en France en 2024, soit 21,5 % de moins qu'en 2010 : la fertilité est un enjeu de santé publique
INSEE, Bilan démographique 2024

La dysfonction érectile (DE) a des causes multiples, souvent intriquées :

L'érection dépend d'une bonne irrigation sanguine des corps caverneux du pénis. Tout ce qui altère les vaisseaux peut affecter l'érection : hypertension artérielle (HTA), diabète, dyslipidémie (excès de cholestérol), tabagisme, obésité, sédentarité, athérosclérose. Ces facteurs de risque cardiovasculaires sont les premières causes de DE chez les hommes après 40 ans.

La dysfonction érectile (DE) peut être un signal avant-coureur d'une coronaropathie : les artères caverneuses, de petit calibre, se rétrécissent avant les coronaires. Consulter pour une DE peut ouvrir la porte à un bilan cardiovasculaire salvateur.

Certaines maladies neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson, séquelles de traumatisme médullaire) affectent la transmission nerveuse nécessaire à l'érection. Les déficits hormonaux, notamment un faible taux de testostérone (hypogonadisme), peuvent aussi réduire le désir et la capacité érectile.

Des médicaments peuvent provoquer ou aggraver une DE : antihypertenseurs (bêta-bloquants, diurétiques), antidépresseurs, neuroleptiques, et traitements de l'HBP (inhibiteurs de la 5-alpha-réductase).

Anxiété de performance, dépression, stress chronique, conflits de couple, traumatisme sexuel passé : les causes psychologiques sont fréquentes, surtout chez les hommes jeunes sans facteur de risque organique. La cause psychologique n'est pas moins réelle ni moins traitable que la cause organique : elle mérite la même attention médicale.

Une dysfonction érectile (DE) d'origine organique peut rapidement générer une couche d'anxiété de performance qui aggrave le problème. Les deux dimensions, physique et psychologique, sont souvent présentes ensemble.

Le saviez-vous ?

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE5), dont le sildenafil (Viagra) est le plus connu, constituent le traitement médicamenteux de première intention de la dysfonction érectile (DE). Ils améliorent la réponse érectile dans 70 à 80 % des cas. Ils ne sont pas des aphrodisiaques : ils agissent uniquement en présence d'une stimulation sexuelle, en facilitant la vasodilatation des corps caverneux.

Source : AFU, Référentiel du Collège d'urologie, chapitre troubles de l'érection, 6e édition, 2023

Autres troubles sexuels masculins

La dysfonction érectile (DE) est le trouble sexuel masculin le plus connu, mais d'autres réalités méritent d'être nommées : elles affectent la qualité de vie et le couple, et bénéficient souvent de prises en charge efficaces.

L'éjaculation prématurée (EP) est définie par une éjaculation survenant avant ou très peu après la pénétration, de façon persistante et involontaire. C'est le trouble sexuel masculin le plus fréquent, touchant environ 20 à 30 % des hommes. Elle peut être primaire (présente depuis le début de la vie sexuelle) ou secondaire (apparue après une période de fonctionnement normal).

Des options de prise en charge existent : thérapies comportementales (techniques de start-stop, squeeze), médicaments (antidépresseurs à demi-vie courte comme la dapoxétine, anesthésiques locaux) et thérapie de couple ou sexologique.

Une baisse du désir sexuel peut avoir des causes multiples : déficit en testostérone (hypogonadisme), dépression, stress chronique, fatigue, effets secondaires de certains médicaments (antidépresseurs, bêta-bloquants, hormonothérapie pour la prostate). Un bilan hormonal simple permet d'identifier un déficit androgénique, traitable par substitution hormonale sous surveillance médicale.

La maladie de La Peyronie est une affection caractérisée par la formation d'une plaque fibreuse dans les corps caverneux du pénis, provoquant une courbure douloureuse à l'érection. Elle peut rendre les rapports douloureux ou difficiles. Elle affecte environ 3 à 9 % des hommes. Des traitements existent : injections de collagénase dans la plaque (traitement non chirurgical), et intervention chirurgicale pour les cas sévères.

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Votre expérience peut aider

Les troubles sexuels masculins restent un sujet très peu partagé, y compris entre patients. Pourtant, des hommes qui les ont traversés témoignent sur Hospitalidée : leurs récits peuvent vous aider à normaliser votre situation et à trouver des repères pour consulter. Si vous avez vous-même vécu cette expérience et souhaitez aider ceux qui se posent les mêmes questions, votre témoignage compte.

🔍 Recherchez « dysfonction érectile » ou « santé sexuelle » sur hospitalidee.fr pour lire les avis ou déposer le vôtre

Fertilité masculine : comprendre et agir

Dans environ la moitié des cas d'infertilité de couple, un facteur masculin est impliqué. Pourtant, le bilan débute encore trop souvent exclusivement du côté féminin. L'urologue ou l'andrologue est le spécialiste de la fertilité masculine.

La définition médicale de l'infertilité. Selon l'OMS, l'infertilité est définie par l'absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception (6 mois si la femme a plus de 35 ans). C'est à partir de ce délai qu'un bilan de couple est recommandé, simultanément chez les deux partenaires.

Le bilan de fertilité masculine repose sur des examens précis :

Le spermogramme analyse la quantité et la qualité des spermatozoïdes : volume de l'éjaculat, concentration (nombre par millilitre), mobilité (pourcentage de spermatozoïdes mobiles) et morphologie (formes normales). Il est systématiquement associé à une spermoculture (recherche d'infection) et un spermocytogramme (analyse détaillée de la morphologie).

Un résultat anormal doit être confirmé par un second examen après 3 mois, délai correspondant à un cycle complet de spermatogenèse. À noter : ne pas réaliser le spermogramme si l'homme a de la fièvre ou prend certains médicaments (à vérifier avec le médecin).

Les principales causes d'anomalie spermatique sont :

  • La varicocèle : dilatation des veines du cordon spermatique, qui augmente la température testiculaire et nuit à la spermatogenèse. C'est la cause la plus fréquente et la plus traitable chirurgicalement.
  • Les infections génitales : antécédents d'orchite (infection du testicule), d'épididymite, d'infection à Chlamydia.
  • La cryptorchidie : testicule non descendu dans la bourse avant l'âge de 2 ans, même corrigée, peut laisser des séquelles sur la spermatogenèse.
  • Les causes idiopathiques : dans un tiers des cas, aucune cause n'est identifiée.
  • Les facteurs de mode de vie : tabac, alcool, cannabis, exposition à la chaleur (bains chauds fréquents, professions exposantes), obésité.

Quand le bilan révèle une anomalie spermatique sévère, ou quand les traitements de la cause n'ont pas permis de rétablir une fertilité suffisante, les techniques d'assistance médicale à la procréation (AMP) prennent le relais. Selon le type et la sévérité de l'anomalie, on peut proposer :

  • L'insémination intra-utérine (IIU) : dépôt de spermatozoïdes préparés directement dans l'utérus.
  • La fécondation in vitro (FIV) avec ou sans ICSI : la technique ICSI (injection intracytoplasmique d'un spermatozoïde) permet d'obtenir une grossesse même avec très peu de spermatozoïdes normaux.
  • L'extraction chirurgicale de spermatozoïdes (TESE/MESA) : en cas d'azoospermie (absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat), des spermatozoïdes peuvent parfois être prélevés directement dans le testicule ou l'épididyme.
Le saviez-vous ?

La qualité du sperme a diminué significativement dans les pays industrialisés au cours des 50 dernières années, selon plusieurs études internationales. L'Inserm a publié en 2023 un rapport intitulé « Fertilité masculine : y a-t-il péril en la demeure ? » qui fait le point sur cette tendance et ses causes (perturbateurs endocriniens, mode de vie, expositions environnementales). La fertilité masculine est devenue un enjeu de santé publique à part entière.

Source : Inserm, « Fertilité masculine : y a-t-il péril en la demeure ? », 2023

Consulter : briser le tabou, trouver le bon interlocuteur

La difficulté à aborder les troubles sexuels avec un médecin est réelle pour beaucoup d'hommes. Voici quelques repères pratiques pour franchir ce pas et s'orienter vers le bon spécialiste.

Le médecin traitant est toujours la première porte d'entrée : il peut réaliser un bilan initial (bilan hormonal, dosage de testostérone, facteurs de risque cardiovasculaire) et orienter vers l'urologue, l'andrologue ou le sexologue selon la situation.

Des questions à préparer avant la consultation. Depuis combien de temps le trouble est présent. S'il est constant ou situationnel (seulement avec le partenaire, ou aussi lors de la masturbation). Quels traitements sont pris en cours. La présence de facteurs de risque cardiovasculaire. L'impact ressenti sur la vie de couple. Ces informations guideront directement le médecin vers le bon bilan.
Attention aux solutions non médicales. Internet propose de nombreux produits censés améliorer la sexualité masculine (compléments alimentaires, plantes, dispositifs). Beaucoup n'ont pas d'efficacité démontrée et certains peuvent être dangereux en cas d'association avec des médicaments cardiovasculaires. Un avis médical reste indispensable avant de commencer quoi que ce soit.

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Questions fréquentes

Non. L'âge est un facteur de risque, pas une fatalité. Avec le vieillissement, l'érection peut prendre davantage de temps à apparaître et nécessiter une stimulation plus directe, mais cela ne signifie pas que la sexualité doit s'arrêter. Les facteurs de risque modifiables (tabac, sédentarité, surpoids, diabète non équilibré, hypertension artérielle non traitée) jouent souvent un rôle plus important que l'âge lui-même.

Les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (IPDE5 : sildenafil, tadalafil, vardénafil) sont bien tolérés chez la majorité des patients. Ils sont cependant contre-indiqués en association avec les dérivés nitrés (médicaments cardiovasculaires) en raison du risque de chute brutale de la pression artérielle. Un avis médical est donc indispensable, notamment chez les patients avec une pathologie cardiovasculaire.

Ces médicaments sont disponibles sur ordonnance : évitez les achats sur Internet, où circulent de nombreux produits contrefaits.

La durée d'un parcours d'assistance médicale à la procréation (AMP) varie considérablement selon la cause de l'infertilité, le type de traitement et la réponse à la stimulation. En France, l'Assurance Maladie prend en charge jusqu'à 6 tentatives d'insémination intra-utérine (IIU) et 4 tentatives de fécondation in vitro (FIV) par enfant, avant les 43 ans de la femme.

Sur le plan émotionnel, le parcours d'AMP est souvent long et éprouvant pour le couple. Un accompagnement psychologique peut être proposé par les centres spécialisés et est vivement recommandé.

Oui, clairement. Le tabagisme réduit la concentration, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes, et augmente le stress oxydatif au niveau testiculaire. Il augmente également le risque de dysfonction érectile (DE) par son action sur les vaisseaux. L'arrêt du tabac est l'une des premières recommandations du bilan d'infertilité masculine, et ses effets sont partiellement réversibles en quelques mois.

Sources et références

  • AFU : Référentiel du Collège d'urologie, chapitre troubles de l'érection, 6e édition, 2023. urofrance.org
  • AFU : Santé reproductive masculine : l'urologue à vos côtés, 2025. urofrance.org
  • Inserm : Fertilité masculine : y a-t-il péril en la demeure ? 2023. inserm.fr
  • OMS : Définition de la santé sexuelle, 2002, révisée en 2010. who.int
  • INSEE : Bilan démographique 2024, naissances et fécondité en France, 2025. insee.fr
  • Ameli.fr : Bilan médical de l'infertilité, 2024. ameli.fr

Sélection éditoriale Hospitalidée : toutes les sources citées dans ce guide sont accessibles librement en ligne.

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