Cholestérol & statines
Objectifs LDL-C, dyslipidémies et stratégies thérapeutiques
8M
traitement hypocholestérolémiant
0,55 g/L
en prévention secondaire
30%
d'infarctus avec statines
Sommaire
Qu'est-ce que le cholestérol, les dyslipidémies et les statines ?
Les dyslipidémies sont des anomalies du métabolisme lipidique caractérisées par un excès de LDL-cholestérol ('mauvais cholestérol') favorisant l'athérosclérose.
📋En bref — Points clés à retenir
Lower is better
Plus le LDL est bas, mieux c'est pour les artères
Statines efficaces et sûres
Réduction prouvée de 20-30% des événements cardiovasculaires
Objectifs selon le risque
LDL < 0,55 g/L en prévention secondaire, < 0,70 g/L si haut risque
Le LDL-cholestérol s'accumule dans la paroi artérielle et forme des plaques d'athérome responsables d'infarctus et d'AVC. Les statines, médicaments de première ligne, réduisent la synthèse hépatique de cholestérol et diminuent de 20-30% le risque cardiovasculaire. Les objectifs thérapeutiques dépendent du niveau de risque : plus le risque est élevé, plus la cible LDL est basse.
Signes d'alerte — Quand consulter en urgence
Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale immédiate
Myalgies intenses sous statines
Doser CPK, rechercher rhabdomyolyse
Douleur thoracique + hypercholestérolémie
Possible syndrome coronarien aigu
Xanthomes tendineux
Hypercholestérolémie familiale sévère
Métabolisme du cholestérol et athérosclérose
Le cholestérol est un lipide essentiel synthétisé à 70% par le foie. Les lipoprotéines transportent le cholestérol : LDL ('mauvais') vers les tissus, HDL ('bon') des tissus vers le foie. Le LDL-cholestérol pénètre dans l'intima artérielle où il s'oxyde, déclenchant une réaction inflammatoire. Les macrophages l'internalisent, deviennent des cellules spumeuses et forment la plaque d'athérome. Cette plaque peut se rompre, provoquer une thrombose et un infarctus.
Objectifs LDL-cholestérol selon le risque
Les cibles LDL dépendent du niveau de risque cardiovasculaire (ESC/EAS 2019). Très haut risque (prévention secondaire, diabète avec atteinte d'organe, IRC sévère) : LDL < 0,55 g/L et réduction ≥ 50%. Haut risque (diabète > 10 ans, HTA + autre FDR, risque SCORE ≥ 5%) : LDL < 0,70 g/L. Risque modéré : < 1,0 g/L. Risque faible : < 1,16 g/L. Ces objectifs stricts s'appuient sur le concept 'lower is better' validé par de nombreuses études.
Statines : mécanisme d'action et efficacité
Les statines inhibent l'HMG-CoA réductase, enzyme-clé de la synthèse hépatique de cholestérol. Cette inhibition stimule l'expression des récepteurs LDL hépatiques, augmentant la captation du LDL plasmatique. Efficacité : réduction LDL de 30-50% selon la molécule et la dose. Au-delà de l'effet lipidique, les statines ont des effets pléotropiques : stabilisation des plaques, effet anti-inflammatoire, amélioration de la fonction endothéliale.
Choix de la statine et adaptation posologique
Statines de première intention : atorvastatine (puissante, longue demi-vie), rosuvastatine (la plus puissante), simvastatine (générique). Débuter par dose moyenne puis augmenter si objectif LDL non atteint. Surveillance : bilan lipidique à 6-8 semaines, puis tous les 6 mois. Doser les transaminases avant traitement, pas de surveillance systématique sauf symptômes. Contre-indications : insuffisance hépatique active, grossesse, allaitement.
Effets indésirables et intolérance aux statines
Myalgies (5-10% des patients) : douleurs musculaires sans élévation des CPK. Conduite : arrêt temporaire, reprise à dose réduite ou statine moins puissante. Myopathie (CPK > 10N) : rare (0,1%), justifie l'arrêt définitif. Rhabdomyolyse : exceptionnelle mais grave. Autres effets : élévation modérée glycémie (risque diabète + 10%), possibles troubles cognitifs réversibles. L'intolérance vraie aux statines est rare (< 5%) mais souvent surestimée.
Alternatives thérapeutiques
Si objectif LDL non atteint avec statine maximale tolérée : Ézétimibe (réduction LDL additionnelle de 20-25%), inhibiteur de l'absorption intestinale du cholestérol. Anticorps anti-PCSK9 (alirocumab, evolocumab) : réduction LDL de 50-60% supplémentaires, réservés aux hypercholestérolémies familiales ou intolérances aux statines. Acide bémpédoïque : alternative récente pour intolérance aux statines. Résines échangeuses d'ions : rarement utilisées (tolérance digestive).
Hypercholestérolémie familiale
L'hypercholestérolémie familiale (HF) touche 1/250 personnes. Mutation génétique (récepteur LDL, APOB, PCSK9) → LDL très élevé dès la naissance. Forme hétérozygote : LDL 2-3 × normale, xanthomes tendineux, maladie coronaire précoce (homme < 55 ans, femme < 60 ans). Diagnostic : score Dutch, test génétique. Dépistage familial systématique (cascade screening). Traitement : statine haute dose + ézétimibe, parfois anti-PCSK9. Forme homozygote (1/300 000) : LDL > 5 g/L, aphérèse LDL.
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