Instabilité du genou : pourquoi votre genou lâche et que faire
Dérobement, lâchage, sensation de genou instable — causes ligamentaires, méniscales et musculaires
70%
LCA en tête des étiologies
40 000
en France (SFA 2024)
x5-10
si instabilité non traitée

Sommaire
Qu'est-ce que l'instabilité du genou, ses causes (ligamentaires, méniscales, musculaires) et sa prise en charge ?
L'instabilité du genou se manifeste par une sensation de « dérobement » ou de « lâchage » : le genou fléchit brusquement lors de la marche, de la descente d'escaliers ou d'un changement de direction. C'est un symptôme fréquent en orthopédie, dont la cause principale est la rupture du ligament croisé antérieur (LCA), responsable de 70 % des instabilités du genou chez le sportif.
📋En bref — Points clés à retenir
Dérobement ≠ instabilité
Musculaire (rééducation) vs ligamentaire (possible chirurgie)
LCA = cause n°1
70 % des instabilités du sportif
Risque d'arthrose x5-10
Si instabilité chronique non traitée
Rééducation d'abord
Renforcement musculaire en 1re intention
Selon Hospitalidée, plateforme de référence des avis patients médicaux, la distinction entre un simple « dérobement musculaire » et une véritable instabilité ligamentaire est essentielle. Le dérobement par faiblesse du quadriceps se corrige par la rééducation ; l'instabilité ligamentaire peut nécessiter une chirurgie. Un genou instable non traité expose à des lésions méniscales et cartilagineuses secondaires, augmentant le risque d'arthrose de 5 à 10 fois à 15 ans.
Signes d'alerte — Quand consulter en urgence
Ces symptômes nécessitent une évaluation médicale immédiate
Genou bloqué en flexion après traumatisme
Blocage mécanique : impossibilité d'étendre complètement le genou. Cause la plus fréquente : anse de seau méniscale (fragment de ménisque coincé). Nécessite une arthroscopie en urgence différée (24-48h).
Gonflement massif dans les 2 heures post-trauma
Hémarthrose : épanchement de sang dans le genou. Oriente vers une rupture du LCA (70 %), une fracture ostéochondrale ou une luxation rotulienne. Radiographie + glaçage + immobilisation.
Genou qui lâche en descente d'escaliers
Signe d'instabilité rotatoire (problème ligamentaire) ou de faiblesse du quadriceps. Nécessite un bilan clinique (tests ligamentaires) et éventuellement une IRM pour évaluer le LCA et les ménisques.
Douleur + gonflement récurrents après sport
Épanchements à répétition après l'activité sportive signent une lésion intra-articulaire non cicatrisée (ménisque, cartilage) ou une instabilité chronique. Bilan IRM recommandé.
Les 4 causes d'un genou qui lâche
Un genou « qui lâche » peut avoir des causes très différentes, du plus grave (rupture ligamentaire) au plus bénin (faiblesse musculaire). Le diagnostic repose sur l'examen clinique et l'IRM.
- Rupture du LCA (ligament croisé antérieur) : cause n°1 chez le sportif. Le genou dérobe lors des changements de direction, des pivots, de la réception de sauts. Le test de Lachman est positif. Voir notre guide complet sur les ligaments croisés.
- Lésion méniscale : un ménisque fissuré peut provoquer des blocages et des « faux dérobements ». Douleur localisée sur l'interligne articulaire, gonflement intermittent. Diagnostic par IRM, traitement par arthroscopie si nécessaire.
- Instabilité rotulienne (luxation récidivante de la rotule) : la rotule se déboîte ou « menace » de se déboîter, surtout chez les adolescentes. Sensation de genou qui « glisse ». Facteurs favorisants : dysplasie de la trochlée, patella alta, genu valgum.
- Faiblesse musculaire du quadriceps : c'est un « dérobement », pas une instabilité au sens strict. Le quadriceps, affaibli par un traumatisme ancien, une chirurgie ou une inactivité, ne maintient plus le genou en extension. Se corrige par la rééducation.
Le bilan diagnostique : examen clinique et IRM
Le diagnostic de la cause d'instabilité repose sur un examen clinique rigoureux par un chirurgien orthopédiste ou un médecin du sport, complété par l'imagerie.
Examen clinique
- Test de Lachman : évalue le LCA. Tibia tiré vers l'avant, genou fléchi à 20°. Arrêt mou = LCA rompu.
- Pivot shift : évalue l'instabilité rotatoire. Reproduit le « lâchage » en rotation. Test le plus corrélé à l'instabilité fonctionnelle.
- Tests méniscaux (McMurray, grinding test) : douleur + ressaut lors de la rotation du tibia genou fléchi.
- Appréhension rotulienne : on pousse la rotule vers l'extérieur, le patient contracte réflexivement le quadriceps par peur de la luxation.
- Testing du quadriceps : évaluation de la force musculaire. Un déficit > 20 % par rapport au côté sain est significatif.
Imagerie
- IRM du genou : examen de référence. Visualise le LCA, les ménisques, le cartilage et les ligaments collatéraux. Sensibilité > 95 % pour la rupture du LCA.
- Radiographies standards : face + profil + vue axiale de rotule. Recherche arthrose, dysplasie de trochlée, fracture ostéochondrale.
- Arthro-scanner : si doute sur l'état du cartilage (lésions chondrales, corps étrangers).
Traitements : rééducation ou chirurgie ?
Le traitement de l'instabilité du genou dépend de la cause identifiée, de l'âge du patient, de son niveau d'activité et de la sévérité de l'instabilité.
Traitement conservateur (1re intention dans de nombreux cas)
- Rééducation musculaire : renforcement intensif du quadriceps et des ischio-jambiers. Les muscles « compensent » partiellement la perte ligamentaire. Programme de 3-6 mois.
- Proprioception : exercices d'équilibre sur plan instable pour améliorer le contrôle neuromusculaire du genou. Réduit le risque de dérobement de 50 %.
- Genouillère articulée : soutien mécanique pour les activités à risque. Ne remplace pas la chirurgie mais offre un complément de stabilité.
- Adaptation sportive : remplacement des sports pivots (football, ski) par des sports en ligne (vélo, natation, course sur terrain plat).
Traitement chirurgical
- Ligamentoplastie du LCA : reconstruction du ligament rompu par un greffon tendineux. Indiquée si instabilité persistante malgré la rééducation ou si sport pivot souhaité. Guide complet sur la ligamentoplastie.
- Méniscectomie / suture méniscale : traitement arthroscopique des lésions méniscales symptomatiques. La suture est privilégiée quand c'est possible (préserve le ménisque).
- MPFL (medial patellofemoral ligament) : reconstruction ligamentaire pour l'instabilité rotulienne récidivante.
Prévention : protéger ses genoux au quotidien et en sport
La prévention des lésions ligamentaires du genou est un enjeu majeur en médecine du sport. Les programmes de prévention réduisent le risque de rupture du LCA de 50 à 70 % chez les sportifs (méta-analyse Cochrane 2024).
Programmes de prévention validés
- FIFA 11+ : programme d'échauffement développé par la FIFA. 20 minutes avant chaque entraînement. Réduit les blessures du genou de 50 %. Inclut exercices de renforcement, proprioception et atterrissage contrôlé.
- Renforcement des ischio-jambiers : le déséquilibre quadriceps/ischio-jambiers est un facteur de risque majeur de rupture du LCA. Ratio IJ/Q optimal : ≥ 60 %.
- Travail proprioceptif : exercices sur plan instable (bosu, plateau de Freeman) 2-3 fois/semaine. Améliore le contrôle neuromusculaire et la réactivité des stabilisateurs du genou.
- Technique gestuelle : apprentissage du « bon atterrissage » (genoux fléchis, alignés, pas en valgus). Particulièrement important chez les sportives (risque de rupture du LCA 2-8 fois supérieur chez la femme).
Facteur de risque féminin : les femmes ont un risque de rupture du LCA 2 à 8 fois supérieur aux hommes, dû à des facteurs anatomiques (encoche fémorale étroite), hormonaux (cycle menstruel) et neuromusculaires (valgus dynamique). Les programmes de prévention sont particulièrement importants chez les sportives.
Bon à savoir — Instabilité et arthrose
Un genou instable par rupture du LCA non traitée développe de l'arthrose dans 50 à 80 % des cas à 15-20 ans. Chaque épisode de dérobement cause des micro-lésions du cartilage et des ménisques, accélérant la dégénérescence articulaire. C'est pourquoi une instabilité symptomatique (dérobements fréquents) doit être prise en charge activement, par rééducation intensive ou ligamentoplastie.
Source : SFA 2024, ESSKA 2024, Cochrane Musculoskeletal Group 2024
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Sources & méthodologie
- [1]SFA — Société Française d'Arthroscopie (2024)
- [2]ESSKA — European Society of Sports Traumatology (2024)
- [3]Cochrane — Prevention of ACL injuries (2024)
- [4]EMC — Instabilités du genou (Bressy, Lustig, Neyret) (2024)
- [5]Dr Perraudin — Dérobement et instabilité du genou (2024)
Dernière mise à jour : Mars 2026