Soins médicaux continus
Surveillance médicale quotidienne, gestion des traitements, prévention des complications liées à l'immobilisation ou à la pathologie initiale.
Comprendre le SMR pour aborder le séjour avec sérénité — Orientation inattendue, acronyme inconnu, questions sans réponse : le SMR (Service Médical de Réadaptation) est souvent mal connu. Ce guide vous explique ce qu'il est, à quoi il sert et comment il s'inscrit dans votre parcours de soins.
Après une chirurgie lourde, un accident vasculaire cérébral (AVC), une fracture complexe ou une décompensation de maladie chronique, le retour direct à domicile n'est pas toujours possible ni souhaitable. Le SMR est le maillon qui comble cet espace entre l'hospitalisation aiguë et la vie à la maison. Beaucoup de personnes apprennent leur orientation en SMR sans l'avoir anticipé. Ce guide s'adresse à celles qui se demandent ce qui les attend, et à leurs proches qui cherchent à comprendre pour mieux accompagner. Parce que mieux comprendre, c'est déjà commencer à récupérer. « La réadaptation est le processus qui permet aux personnes atteintes de maladies ou de traumatismes de retrouver des capacités optimales et de participer à la vie quotidienne. » — Organisation mondiale de la santé (OMS), 2023
Anciennement appelé SSR (Soins de Suite et de Réadaptation), le Service Médical de Réadaptation a été rebaptisé SMR en 2023 pour mieux refléter sa mission centrale : la récupération fonctionnelle et la réinsertion dans la vie quotidienne.
Le SMR est une structure hospitalière qui assure la continuité des soins après une phase aiguë. Il ne s'agit ni d'une maison de retraite, ni d'un hôpital classique, mais d'un environnement médico-rééducatif spécialisé, organisé autour d'un projet de soins personnalisé.
Surveillance médicale quotidienne, gestion des traitements, prévention des complications liées à l'immobilisation ou à la pathologie initiale.
Séances de kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie ou neuropsychologie selon les besoins identifiés à l'admission.
Réapprentissage des gestes de la vie courante, travail de l'autonomie, adaptation aux éventuelles séquelles.
Évaluation du domicile, aménagements nécessaires, orientation vers les aides à domicile et les soins de suite en ville.
Le changement de nom de SSR en SMR en 2023 n'est pas qu'administratif : il traduit un glissement de sens. « Soins de suite » suggérait une étape passive après l'hôpital. « Réadaptation » place le patient comme acteur de sa propre récupération. Ce changement de vocabulaire reflète une évolution réelle des pratiques.
Source : Ministère de la Santé, réforme du financement des SMR, 2023Le SMR accueille des patients de tous âges, dans des situations médicales très variées. Il existe des unités spécialisées par pathologie ou par population, dont la liste est définie par l'Agence régionale de santé (ARS) de chaque territoire.
Fractures complexes, prothèses de hanche ou de genou, chirurgies du rachis, amputations. Première indication d'admission en SMR en France.
AVC (accident vasculaire cérébral), traumatisme crânien, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, tumeur cérébrale opérée. Rééducation intensive et pluridisciplinaire.
Infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque décompensée, chirurgie cardiaque, insuffisance respiratoire chronique. Réadaptation à l'effort progressive.
Après chirurgie lourde, chimiothérapie ou radiothérapie invalidante. Récupération de la force, de l'endurance et de l'autonomie.
Personnes âgées fragilisées par une chute, une infection sévère ou une intervention chirurgicale. Maintien de l'autonomie et sécurisation du retour à domicile.
Diabète sévère, obésité avec complications, maladies rhumatismales inflammatoires. Éducation thérapeutique et optimisation du traitement.
L'orientation en SMR est décidée conjointement par l'équipe médicale hospitalière et le patient, en tenant compte de son état clinique, de son projet de vie et de l'offre disponible sur le territoire.
Le médecin hospitalier évalue si un retour direct à domicile est possible ou si une phase de rééducation est indiquée. Ce bilan intègre l'état fonctionnel, le contexte social et l'entourage disponible.
Le médecin ou l'assistante sociale de l'hôpital constitue un dossier de demande comprenant le compte-rendu médical, les bilans infirmiers et la situation sociale. Ce dossier est adressé à plusieurs SMR selon les disponibilités.
Un ou plusieurs établissements répondent favorablement. Le patient et ses proches peuvent visiter le SMR avant l'admission. Le choix appartient au patient ; la proximité géographique avec la famille est un critère légitime à faire valoir.
Le transfert est organisé par l'équipe hospitalière, le plus souvent en ambulance ou en VSL (véhicule sanitaire léger). Un bilan d'entrée est réalisé dès l'arrivée pour définir les objectifs du séjour.
Le SMR fonctionne sur un modèle d'équipe pluridisciplinaire : chaque professionnel intervient dans son domaine, et l'ensemble est coordonné par le médecin référent de rééducation.
Spécialiste médical de la rééducation, le médecin MPR (médecin de médecine physique et de réadaptation) coordonne le projet thérapeutique du patient. Il prescrit les soins de rééducation, gère les traitements médicamenteux et assure la liaison avec les équipes de l'hôpital d'origine. C'est l'interlocuteur principal pour les questions médicales tout au long du séjour.
Il travaille la récupération motrice : renforcement musculaire, mobilisation articulaire, réapprentissage de la marche, travail de l'équilibre. Les séances sont en général quotidiennes, parfois deux fois par jour dans les phases intensives. En SMR neurologique, le kinésithérapeute collabore étroitement avec le neuropsychologue pour intégrer les dimensions cognitives à la rééducation motrice.
L'ergothérapeute travaille sur la récupération de l'autonomie dans les activités de la vie quotidienne : s'habiller, se laver, cuisiner, utiliser les transports. Il évalue également le domicile et préconise les aides techniques et les aménagements nécessaires avant la sortie. Une visite à domicile avec l'ergothérapeute peut être organisée avant la sortie pour évaluer les adaptations nécessaires.
L'orthophoniste intervient pour les troubles de la parole, de la déglutition et du langage, fréquents après un AVC ou un traumatisme crânien. Le neuropsychologue évalue et rééduque les fonctions cognitives : mémoire, attention, planification, fonctions exécutives. Ces professionnels ne sont pas présents dans tous les SMR : leur présence dépend de la spécialité de l'unité.
L'assistante sociale accompagne la préparation de la sortie : demandes d'aides à domicile, dossiers MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), ALD (affection de longue durée), orientation vers des structures adaptées si le retour à domicile n'est pas possible. La psychologue apporte un soutien émotionnel au patient et à ses proches. Elle accompagne le travail de deuil des capacités perdues et aide à mobiliser les ressources internes pour traverser cette période difficile.
Dans les SMR les plus spécialisés, jusqu'à 8 professionnels différents peuvent intervenir auprès d'un même patient dans une seule journée. Cette multiplicité des regards est précisément ce qui fait la force du modèle : chaque professionnel voit ce que les autres ne voient pas.
Source : SOFMER, Référentiel de pratiques en rééducation, 2021Le SMR est un acteur majeur du système de soins français, souvent méconnu du grand public malgré son ampleur et son rôle central dans le parcours de soins.
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Continuer le parcours →Oui. L'admission en SMR requiert le consentement du patient. Si vous estimez pouvoir rentrer à domicile, vous pouvez refuser l'orientation. Le médecin hospitalier est tenu de vous informer des risques liés à ce choix. Si vous acceptez le principe du SMR mais souhaitez changer d'établissement, c'est également votre droit. L'assistante sociale peut vous aider à trouver une alternative. Source : Code de la santé publique, art. L1111-4.
La durée varie selon la pathologie et les objectifs fixés. Une prothèse de hanche non compliquée nécessite en moyenne 3 à 4 semaines. Un AVC avec séquelles motrices importantes peut nécessiter plusieurs mois. La durée n'est pas fixée à l'avance : elle est réévaluée régulièrement en équipe. La Sécurité sociale n'impose pas de durée maximale tant que le séjour est médicalement justifié. Source : HAS, Critères d'éligibilité aux SSR, 2019.
Non. Il existe deux modalités : l'hospitalisation complète (nuits comprises) et l'hospitalisation de jour, où le patient rentre chez lui chaque soir. Cette dernière est possible lorsque le domicile est accessible et que le patient peut se déplacer de manière sécurisée. Elle est souvent proposée en fin de séjour, comme une transition progressive vers la vie à domicile.
Dans de nombreux SMR, des permissions de week-end sont possibles à partir d'un certain stade de la rééducation. Elles permettent de tester le retour au domicile dans des conditions réelles et d'identifier les difficultés restantes avant la sortie définitive. Ces permissions sont accordées par le médecin référent et ne sont pas automatiques : elles dépendent de l'état clinique et de la sécurité à domicile.
Oui, en principe, dans le respect des horaires de visite de l'établissement. Dans les unités de rééducation intensive, les visites peuvent être limitées pour ne pas perturber le programme de soins. Certains établissements permettent aux proches de participer à des ateliers de rééducation pour mieux accompagner le retour à domicile. Renseignez-vous dès l'admission.
Ressources externes de référence pour approfondir vos connaissances sur qu'est-ce qu'un service de réadaptation ?.
HAS — Critères d'éligibilité aux soins de suite et de réadaptation, 2019. has-sante.fr
Ameli.fr — Les soins médicaux et de réadaptation (SMR), 2024. ameli.fr
ATIH — Analyse de l'activité hospitalière, PMSI SMR, 2022. atih.sante.fr
DREES — Les établissements de santé, édition 2023. drees.solidarites-sante.gouv.fr
SOFMER — Référentiel de pratiques en médecine physique et de réadaptation, 2021. sofmer.com
OMS — Réadaptation : faits essentiels, 2023. who.int
Sélection éditoriale Hospitalidée — toutes les sources citées dans ce guide sont accessibles librement en ligne.
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