Vivre le séjour en SMR
Trouver ses repères loin de chez soi, garder le lien avec ses prochesUn séjour en SMR peut durer plusieurs semaines. Au-delà des soins, il y a la vie quotidienne dans un environnement inconnu : les repas, les nuits, les temps libres, les visites. Cette page vous aide à vous installer, à vous approprier l'espace et à traverser cette période avec plus de sérénité.
« L'environnement de soin est une part du soin lui-même. Un patient qui se sent chez lui récupère mieux. » — Rapport sur la qualité de vie à l'hôpital, Ministère de la Santé, 2021
Un séjour en SMR (Service Médical de Réadaptation) n'est pas qu'une suite de séances de rééducation. C'est une période de vie, souvent inattendue, pendant laquelle on est loin de son domicile, de ses habitudes, de ses proches. Entre les séances, il y a des heures à remplir, des nuits à traverser, un espace à apprivoiser.
Apprivoiser cet environnement fait partie de la guérison. Cette page s'adresse autant au patient qu'à ses proches : comprendre comment fonctionne la vie quotidienne en SMR, comment garder le lien, et comment traverser les moments difficiles avec les bons appuis.
S'installer dans la chambre
La chambre est l'espace de vie pendant plusieurs semaines. Prendre le temps de l'aménager à sa façon contribue au sentiment de sécurité et au bien-être, et ce n'est pas un détail superflu.
Ce que vous pouvez apporter
Photos, petits objets familiers, plaid personnel, oreiller de chez vous, livres ou tablette. La plupart des SMR autorisent ces effets personnels. Vérifiez les règles de l'établissement à l'admission.
Vêtements et confort
Prévoyez des vêtements larges et faciles à enfiler, des chaussures à scratch antidérapantes pour les séances de kiné, et des affaires de nuit confortables. Comptez pour un séjour d'au moins 3 semaines.
Connexion et communication
La plupart des SMR disposent du Wi-Fi. Apportez votre téléphone et son chargeur, et si possible un câble long pour garder l'appareil à portée depuis le lit ou le fauteuil.
Médicaments personnels
Transmettez la liste complète de vos médicaments habituels à l'infirmière dès l'admission. N'apportez pas de médicaments personnels sans en informer l'équipe : les interactions sont gérées par le médecin.
Le quotidien en SMR
La journée type en SMR est organisée autour des séances de rééducation, des soins infirmiers, des repas et de temps libres. Comprendre ce rythme aide à s'y adapter plutôt qu'à le subir.
Une journée type en SMR commence par les soins infirmiers du matin (pansements, prises de sang si nécessaire, médicaments), suivis du petit-déjeuner. Les séances de rééducation se déroulent en général le matin et l'après-midi, avec une pause déjeuner d'1h30 à 2h.
Les temps libres entre les séances sont précieux : c'est le moment pour se reposer, lire, appeler un proche ou participer aux activités proposées par l'établissement (atelier occupationnel, sortie accompagnée dans le jardin).
Les repas sont servis en chambre ou en salle à manger commune. La plupart des SMR proposent des menus adaptés aux régimes médicaux (sans sel, diabétique, texture modifiée en cas de troubles de la déglutition). Signalez vos allergies alimentaires et vos préférences dès l'admission.
En SMR neurologique, une consultation de diététique est souvent intégrée au programme, notamment lorsque la nutrition joue un rôle dans la récupération (dénutrition post-AVC, trouble de la déglutition).
Le sommeil peut être perturbé en SMR : passages infirmiers nocturnes, bruit d'une chambre partagée, douleurs, anxiété liée à l'hospitalisation. Si vous dormez mal, parlez-en à l'équipe. Des solutions existent : ajustement des horaires de rondes, traitement de la douleur nocturne, aide à l'endormissement si nécessaire.
Un bon sommeil est essentiel à la récupération : c'est pendant la nuit que le cerveau consolide les apprentissages moteurs acquis pendant les séances de rééducation.
De nombreux SMR proposent des activités animées par des éducateurs médico-sportifs ou des animateurs : jardinage thérapeutique, ateliers manuels, jeux de société, sorties encadrées. Ces activités ne sont pas anodines : elles maintiennent le lien social, combattent l'ennui et participent à la récupération cognitive.
Si aucune activité n'est proposée dans votre établissement et que vous ressentez le besoin d'occupation, vous pouvez en faire la demande à l'assistante sociale ou au cadre de santé.
Les activités occupationnelles en SMR (ateliers, sorties, jeux collectifs) ne sont pas des « à-côtés » du soin : elles ont un impact documenté sur la récupération cognitive, notamment après un AVC. L'engagement social et l'occupation mentale stimulent la plasticité cérébrale au même titre que les séances formelles de neuropsychologie.
Source : Inserm, Dossier AVC, 2023Moral, émotions et soutien psychologique
Un séjour en SMR est aussi une épreuve émotionnelle. La rupture avec la vie habituelle, la dépendance temporaire, la confrontation avec les limites du corps sont des réalités que beaucoup vivent mais que peu nomment. Les nommer, c'est déjà les traverser différemment.
Votre expérience peut aider
D'autres personnes passées par un séjour en SMR partagent leur vécu sur Hospitalidée. Leurs témoignages peuvent vous aider à mieux comprendre ce que vous ressentez, à vous sentir moins seul face au découragement ou à l'appréhension. Et si vous avez vous-même traversé cette expérience, votre avis peut faire une vraie différence pour ceux qui viennent après vous.
🔍 Recherchez « réadaptation SMR » sur hospitalidee.fr pour lire les avis ou déposer le vôtreLes proches : visiteurs, soutiens, aidants
La présence des proches est un facteur de récupération reconnu. Elle doit néanmoins s'inscrire dans les règles de l'établissement et, idéalement, dans le projet thérapeutique.
Les horaires de visite varient selon les établissements et les unités. En règle générale, les visites sont autorisées l'après-midi et en soirée, en dehors des séances de rééducation et des temps de repos. Renseignez-vous dès l'admission pour planifier les visites en accord avec le planning de séances. Certains établissements permettent à un proche de déjeuner avec le patient. D'autres proposent des espaces d'accueil pour les proches qui viennent de loin.
Avec l'accord du patient et de l'équipe, les proches peuvent assister à certaines séances de kinésithérapie ou d'ergothérapie. Cela leur permet d'apprendre les gestes d'aide adaptés : comment aider à se lever sans surprotéger, comment installer correctement une aide technique, comment encourager sans décider à la place de la personne. Cette participation est particulièrement recommandée en SMR neurologique et en SMR gériatrique.
Un séjour en SMR peut être épuisant pour les proches aussi : trajets répétés, inquiétude, réorganisation de la vie familiale, anticipation du retour à domicile. Ne pas négliger son propre équilibre n'est pas un manque d'amour : c'est une condition pour rester disponible tout au long du séjour. Les associations de proches aidants (comme l'Unaf ou les plateformes de répit régionales) proposent des soutiens spécifiques. L'assistante sociale du SMR peut orienter vers ces ressources.
Vos droits au quotidien en SMR
Être hospitalisé en SMR ne signifie pas renoncer à ses droits fondamentaux en tant que patient. Ces droits sont rappelés par la Charte de la personne hospitalisée et le Code de la santé publique.
Vous avez le droit d'être informé de votre état de santé, des soins proposés et de leurs alternatives. Vous pouvez poser des questions à tout moment et demander à ce que les explications soient répétées ou reformulées. Aucun soin ne peut être réalisé sans votre consentement, sauf urgence vitale. Source : Loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades.
Votre intimité doit être respectée lors des soins et des toilettes, même en chambre partagée. Le secret médical s'applique : aucune information sur votre état de santé ne peut être transmise à un tiers sans votre accord, y compris à votre famille, sauf si vous avez désigné une personne de confiance. Source : Code de la santé publique, art. L1110-4.
Dès l'admission, on vous proposera de désigner une personne de confiance, choisie librement parmi vos proches ou votre médecin traitant. Elle peut vous accompagner dans vos démarches, être présente lors des entretiens médicaux et être consultée si vous n'êtes plus en état d'exprimer votre volonté. La désignation est formalisée par écrit et peut être modifiée à tout moment. Source : Code de la santé publique, art. L1111-6.
En cas de difficulté avec l'équipe ou l'établissement, vous pouvez contacter le représentant des usagers (RU) dont les coordonnées doivent être affichées dans le service. Vous pouvez aussi adresser un courrier à la direction. En dernier recours, la CRU (Commission des relations avec les usagers) traite les réclamations formelles. Source : Code de la santé publique, art. L1112-3.
Le représentant des usagers (RU) présent dans chaque établissement est un bénévole formé, souvent lui-même ancien patient ou proche aidant. Il n'est pas un employé de l'hôpital : il représente les patients auprès des instances de l'établissement et peut être sollicité librement, sans passer par l'équipe soignante.
Source : Service-Public.fr, droits des patients à l'hôpital, 2024Les essentiels santé
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Questions fréquentes
Des sorties sont possibles si votre état clinique le permet et avec l'accord du médecin. Des permissions de week-end peuvent être organisées à partir d'un certain stade de la rééducation pour tester le retour au domicile dans des conditions réelles. Pour des sorties courtes (promenade, rendez-vous médical), renseignez-vous auprès de l'infirmière cadre. Toute sortie non autorisée est considérée comme une sortie contre avis médical.
Signalez-le à l'infirmière cadre ou à l'assistante sociale. Un changement de chambre peut être organisé selon les disponibilités. Si vous souhaitez une chambre individuelle, un supplément peut s'appliquer. En cas de conflit réel avec un autre patient (nuisances nocturnes, comportement inapproprié), l'équipe soignante a l'obligation d'intervenir. Votre confort est une composante de votre soin.
Le médecin traitant est informé de l'hospitalisation en SMR et peut recevoir les bilans intermédiaires si vous le souhaitez. Vous pouvez lui téléconsulter depuis le SMR. Il reste votre médecin de référence pour les questions non liées à la rééducation et sera le pivot de votre suivi après la sortie. Son implication pendant le séjour facilite la continuité des soins.
Sources et références
- Ministère de la Santé — Rapport sur la qualité de vie en établissements de santé, 2021. sante.gouv.fr
- Service-Public.fr — Droits des patients à l'hôpital, 2024. service-public.fr
- Inserm — AVC, accident vasculaire cérébral : dossier thématique, 2023. inserm.fr
- SOFMER — Référentiel de pratiques en médecine physique et de réadaptation, 2022. sofmer.com
- Code de la santé publique — Articles L1110-4, L1111-4, L1111-6, L1112-3 (droits des patients). legifrance.gouv.fr
Sélection éditoriale Hospitalidée — toutes les sources citées dans ce guide sont accessibles librement en ligne.